Le droit d’effacer ses erreurs de jeunesse

Photo: Twitter
L’immaturité de sa jeunesse, la naïveté de son enfance, exprimées en ligne dans un blogue, sur un réseau social, dans un commentaire sur un site de jeux ou dans une vidéo sur YouTube doivent-elles suivre les humains connectés toute leur vie? Voilà une redoutable question à laquelle la campagne iRights, en Grande-Bretagne, vient aujourd’hui apporter une réponse simple : c’est non! Et elle réclame du coup l’adoption de nouveaux droits pour la jeunesse britannique, dont celui de pouvoir facilement faire disparaître de la Toile tous les contenus qu’elle y a fait émerger. Les meilleurs, comme les pires, surtout.
 
Droit de pouvoir afficher facilement les contenus créés en ligne pour pouvoir les effacer, droit de savoir où se retrouvent les informations en ligne, les photos, les vidéos que l’on a partagés, aimés, créés, droit de naviguer en toute sécurité, de droit de comprendre la mécanique du Web, la campagne iRigths ratisse large. Elle cherche également à inspirer les acteurs du numérique à l’importance d’adopter un cadre technologique dans lequel les erreurs de jeunesse, mais également les prises de position mal éclairées, les errances idéologiques, les excès captés par une caméra indiscrète, les égoportraits compromettants, pourront à l’avenir être effacés, pour ne pas porter préjudice aux adultes que ces jeunes sont sur le point de devenir.
 
La ministre britannique pour la sécurité de l’Internet, Joana Shields appuie publiquement la démarche. Selon elle, cette campagne est une opportunité unique d’amener le gouvernement à se rapprocher des acteurs de la technologie, de la société civile et des entreprises pour «faire un meilleur monde numérique pour les jeunes», a-t-elle expliqué à la BBC, le Radio-Canada des Anglais.

 

Cette campagne, dont le reste du monde gagnerait sans doute à s’inspirer, fait écho aux préoccupations croissantes des jeunes face au respect et la violation de leur vie privée dans les nouveaux espaces de socialisation, mais également aux effets pervers liés à la persistance des contenus générés dans les univers numériques. Désormais, dans chaque campagne électorale à travers le monde, un jeune candidat se fait en effet rattrapé par un commentaire et/ou une photo laissés naïvement en ligne quelques années plus tôt.
 
Pour Rachel O’Connell qui conseille le gouvernement britannique en matière de vie numérique, l’industrie devrait d’ailleurs y répondre de manière favorable, «le respect de la vie privée étant en train de devenir un avantage concurrentiel», selon-elle.