Une «liste de lecture» remplacée par une «playlist»

Les acquis sont fragiles, particulièrement dans une modernité où le concept de mise à jour frénétique rythme désormais le quotidien de l’homo connectus.
 
Le géant du tout numérique, Apple, vient d’en faire une énième démonstration en faisant disparaître de la nouvelle version de son application iTunes — la version 12.2 — la terminologie francophone de «liste de lecture» qui était là depuis des années. En lieu et place, l’outil qui sert à écouter, acheter et organiser sa musique expose désormais, en décalage évident avec les autres termes francophones tout autour, un étonnant «playlist», avec lequel l’internaute francophone va devoir, une fois la mise à jour effectuée, composer. «What a shame», comme on dit dans la Silicon Valley!
 
Malgré nos appels, il n’a pas été possible aujourd’hui de connaître les motifs de cette régression linguistique imposée par Apple aux usagers de son célèbre logiciel dans des zones géographiques où le français est pourtant la langue d’usage. Un détail insignifiant sans doute pour la multinationale qui depuis des années impose facilement le cadre de sa technologie, même si, comme dans le cas de cette mise à jour, ce n’est pas toujours, comme elle le prétend, pour faire faire un pas en avant à l’humanité, dans le respect de sa diversité.
3 commentaires
  • Yann Ménard - Inscrit 25 juillet 2015 17 h 44

    Bof, à part 2 ou 3 zozos comme nous, qui s'en souciera?

  • Jean-Guy Aubé - Abonné 26 juillet 2015 09 h 04

    Consommateurs lésés

    Cette trannationale n'as aucun respect pour les consommateurs francophones qui achètent pourtant massivement leurs produits

  • Jérôme Faivre - Inscrit 26 juillet 2015 20 h 52

    Fin de la route ?

    Il n'y a pas que Apple et sa playlist.
    C'est la planète informatique au complet qui considère le français comme un dialecte local aux confins de l'Empire.
    Dans Google traduction, le français est situé entre le finnois et le galicien.
    Il y a peu, j'ai essayé de trouver, tel le canadien errant multilingue standard, un clavier totalement à la norme québécoise, avec par exemple la touche du U accent grave.
    Il faut se lever tôt.
    Le plus dur , ce sont les jeunes qui vous regardent comme une antiquité vivante.
    Ils ne comprennent absolument pas l'intérêt d'une telle chose.
    Ils ne s'aperçoivent même plus que, francophone, il tapent trois ou quatre touches de plus pour obtenir une lettre pour écrire leur langue.

    Pas grave, ça sert à quoi de mettre des accents , en Amérique....?
    Je like pas les accents, dit le Smurf grognon français (francophone ?).

    Il faut peut-être sauter une génération. Les claviers virtuels des tablettes Windows 8.1 ont le U accent grave.