Paradoxe : le texto en classe nuit à la concentration, mais peut aussi la favoriser

La découverte relève du truisme : les élèves qui s’abstiennent de texter, de «tweeter» ou de «facebooker» pendant les cours ont des résultats supérieurs aux examens, prennent de meilleures notes et assimilent beaucoup mieux la matière enseignée que ceux qui se perdent dans les possibles de l’ubiquité. Oui. Oui.
 
C’est du moins ce qu’indique une nouvelle étude menée aux États-Unis par un trio de chercheurs en communication, étude qui met toutefois ses propres résultats en perspective : cette activité de communication distante pourrait en effet être détournée à des fins didactiques par les enseignants et améliorer l’apprentissage en classe, expliquent-ils.
 
«L’utilisation fréquente d’outils de communication mobile à des fins personnelles a une incidence sur l’apprentissage en classe, écrivent les auteurs de cette étude dont les grandes lignes sont publiées dans la dernière livraison de la revue Communication Education. Or, en agissant sur la pertinence de ces messages, l’impact de cette communication peut également sortir de son cadre négatif».
 
Pour en arriver là, l’équipe pilotée par Scott Titsworth, de l’Université de l’Ohio a transformé en cobayes 145 étudiants en communication d’une université du centre des États-Unis. Dans plusieurs cours, cette jeunesse hyperconnectée a été divisée en plusieurs groupes : certains ne pouvaient pas texter ou «tweeter», d’autres pouvaient le faire avec des niveaux de distraction contrôlés, de très élevés à modérés.
 
Sans surprise, les étudiants qui ont fait un usage fréquent de leur appareil pour s’évader ont eu des résultats moindres aux tests qui leur étaient imposés. Y compris ceux qui textaient ou tweetaient en lien avec la matière enseignée. Les non-connectés se sont révélés les plus attentifs, sans surprise, juste devant les connectés modérés, dont les communications sans fil liées à la matière ont tout de même eux une influence positive sur leur concentration.
 
En guise d’introduction, les chercheurs admettent que «le plus grand défi» auquel fait face le monde de l’éducation au 21e siècle est certainement celui de garder l’attention et soutenir l’intérêt en classe d’étudiants qui restent en permanence connectés sur leur univers numérique par l’entremise de leurs appareils mobiles.
 
En 2013, une étude américaine orchestrée dans six grandes universités par Barney McCoy a révélé que 86 % des élèves utilisent leur téléphone, dit intelligent ou pas, pour texter en classe. 68% le font pour envoyer des courriels et 66 % pour rester en contact avec leur communauté socio-numérique.
 
Et pourquoi le font-ils? Pour rester connecté (70%), pour combattre l’ennui (55%) ou tout simplement pour se distraire (49%), a établi le prof de communication à l’Université du Nebraska.

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