Ebola: pour une météorologie participative de l'infection

Les épanchements d'intimité (et d'autres confidences hasardeuses) dans les univers numériques font parfois sourire, mais, à y regarder de plus près, ils pourraient aussi sauver des vies.

Une petite entreprise américaine le croit, elle qui propose de produire avec tout ça, en temps réel, une météorologie des infections et maladies contagieuses en cours, et ce, en passant au crible le contenu des réseaux sociaux. La propagation de la grippe, du rhume, de la gastro — entérite, s'entend — pourrait ainsi être traquée dans des zones géographiques données. Tout comme d'ailleurs le mouvement de l'inquiétant virus Ebola, croient les créateurs de ce radar atypique.

Sickweather — c'est le nom du projet — repose sur la lecture des contenus des messages personnels circulant sur Twitter et Facebook, explique dans les pages du Washington Post Graham Dodge, un ancien du MTV Network qui est désormais à la tête de la start-up. Selon lui, l'humanité est, pour la première fois de son existence, capable d'avoir en sa possession un tel outil de prévention et de cartographie des infections, en raison de son goût numérique prononcé à faire part de ses symptômes et de ses petits bobos dans les nouveaux espaces de socialisation. Le traditionnel «t'es où?» qui a présidé à la dématérialisation du social avec les téléphones cellulaires pourrait bien un jour être remplacé par le «t'as mal où?».

L'entreprise précise toutefois utiliser ce genre d'informations en les rendant anonymes et en respectant les cadres de protection de la vie privée. Elle dit également suivre de très près l'apparition de l'épidémie d'Ebola sur le continent nord-américain où, la semaine dernière, un patient infecté a perdu la vie sous l'effet du filovirus dans un hôpital du Texas. Mais son radar, pour le moment, n'a rien trouvé.