Un laboratoire citoyen pour déjouer la propagande vidéo

C'est aussi évident qu'une tache de sang dans une vidéo placée sur YouTube pour  dénoncer les exactions d'un régime totalitaire. À l'ère du tout techno, l'image en mouvement, partagée sur les réseaux sociaux, est devenue une forme de narration incontournable pour témoigner du présent, particulièrement en temps de crise ou lors de drames.

En Syrie, au printemps dans les pays arabes, lors de l'écrasement du vol MH17 de la Malaysia Airlines sur le territoire de l'Ukraine... les séquences vidéos se multiplient désormais dans l'espoir de titiller l'émotion du spectateur et promener l'opinion publique du côté de l'offense, de l'indignation, de la protestation... Pour commencer. Mais ces images exposent-elles toutes le vrai? Représentent-elles vraiment ce qu'elles prétendent? Proviennent-elles de la ville et du jour qu'elles affirment mettre en scène? Pas toujours...

C'est en tout cas ce que cherche à révéler le Citizen Evidence Lab, espace en ligne que vient de faire apparaitre Amnesty International. Avec un objectif clair: donner aux organisations internationales, qui font souvent circuler ces vidéos pour nourrir leurs causes, et aux journalistes qui relaient ces informations, des outils de vérification et de contrôles de tous ces documents dont la portée, dans un univers où la communication devient frénétique, est de moins en moins à prendre à la légère.

Les nombreuses fausses vidéos produites durant le conflit en Syrie — c'est un exemple — peuvent facilement justifier l'existence de ce laboratoire citoyen qui propose autant un guide de décryptage de ces capsules vidéos, que plusieurs mécanismes et trucs permettant d'explorer le code binaire de ces petits films pour en confirmer la date de création ou le lieu de production. Entre autres choses.

Et bien sûr, le projet s'expose depuis quelques jours dans une vidéo descriptive, dont la véracité, elle, est impossible à contester.