Sexe, jeunes et technologie: au-delà des idées reçues

Il va falloir revoir ses idées reçues. Les adolescents au Canada ne sont pas si portés que ça sur le sexto, ces messages textes accompagnés d'une photo à caractère érotique ou pornographique. En effet, à peine 8 % des jeunes scolarisés entre le 7e et le 11e en produisent, indique une enquête menée par le Centre canadien d'éducation aux médias et de littéracie numérique. Les garçons, autant que les filles, d'ailleurs, précise l'étude dont les grandes lignes viennent d'être dévoilées.

En gros, le sexto est une activité pratiquée par 9% des gars et 8% des filles passés à la question par le Centre. Au total, le coeur et les comportements numériques de 5 400 élèves face à l'intimité, la sexualité et la pornographie ont été sondés, d'un océan à l'autre, dans le cadre d'une vaste étude portant sur les Jeunes Canadiens dans un monde branché.

À l'image de ce qui se passe dans les univers numériques en général, où les producteurs de contenus sont moins nombreux que ceux qui font circuler ces contenus, les sextos sont produits par peu, mais partagés par un peu plus: un quart des élèves qui en ont reçu un sur leur téléphone — dont il est possible de douter du caractère intelligent ici! —affirme en effet l'avoir mis en circulation auprès d'autres amis. Phénomène intéressant, lorsque le sujet principal de ce message électronique salace est un garçon, il est davantage susceptible d'être partagé que lorsque l'on y voit une fille (26 % contre 20 %).

La responsabilité sociale face à ces contenus sensibles semblent toutefois bien comprise par la vaste majorité de ces jeunes: 85 % disent garder pour eux — et pour eux seuls — les sextos qui leur sont adressés, indiquent l'étude.

Une étude qui confirme d'ailleurs que l'adolescence est bel et bien l'âge de la découverte et de la curiosité. Au-delà des messages textes licencieux, la pornographie en ligne attire de plus en plus de jeunes au pays: 23 % affirment en avoir cherché en 2013, contre 16 % en 2005. Sans surprise, les gars mènent le bal en la matière, avec 40%, contre à peine 7% des filles qui disent être à la recherche de ce type de contenu.

Autre distinction digne de mention: les jeunes francophones (25%) recherchent plus facilement de la pornographie en ligne que leur pendant anglophone (12%).  Sans doute parce que l'expression «il faut bien que jeunesse se fasse» est peu plus difficile à traduire en anglais?
1 commentaire
  • Céline A. Massicotte - Inscrite 30 mai 2014 06 h 43

    Ça ou ça

    "les jeunes francophones (25%) recherchent plus facilement de la pornographie en ligne que leur pendant anglophone (12%). Sans doute parce que l'expression «il faut bien que jeunesse se fasse» est peu plus difficile à traduire en anglais?"

    En dehors de la blague ne serait-ce pas plutôt parce qu'au Québec la religion a foutu le camp depuis longtemps, la religion catholique. Il en reste quelques résidus, mais bon... Ou bien parce que les parents s'en fout?