L'Australie met ses requins sur Twitter

Photo: SLSWA

Si le réseau de microclavardage Twitter avait existé en 1975, le film Les dents de la mer (Jaws, en anglais), de Steven Spielberg, n'aurait finalement jamais vu le jour. C'est qu'à l'ère du tout numérique, les requins ne peuvent désormais plus attaquer les nageurs, surfeurs et plaisanciers par surprise, en Australie du moins où les autorités maritimes viennent en effet d'en mettre un joli «gang» sur ce réseau social. Histoire de mieux protéger les humains.

La modernité, c'est aussi ça: au sud de Perth, sur la côte ouest-australienne, le déplacement en temps réel de 320 gros requins peut désormais être suivi en permanence sur Twitter. Moins d'une heure avant d'écrire ces lignes, un requin-tigre a d'ailleurs été aperçu dans la baie de Warnbro. Il était 1 heure 11 du matin en Australie, le 8 janvier — oui, le pays de Paul Hogan alias Crocodile Dundee, est plutôt en avance sur l'Amérique du Nord, temporellement s'entend.

Ce programme de surveillance a été imaginé par la garde côtière australienne avec la complicité de scientifiques qui ont placé des sonars sur le dos des redoutables squales. Du coup, lorsque les requins s'approchent un peu trop près de la côte et surtout des nageurs, un message automatique est envoyé sur le réseau Twitter de la Surf Life Saving de l'Australie de l'Ouest (SLSWA), un groupe de protection des humains face aux menaces de l'océan Indien.

Comme dirait l'amateur de métaphores animalières: sur Twitter, on trouve parfois de drôles d'oiseaux, des chiens, des fins renards, des dindes, de simples poissons (à qui l'ont fait avaler des couleuvres), beaucoup de paons, alors pourquoi pas des requins?

Pour Chris Peck, porte-parole de l'organisme, ce mode d'information, par Twitter, est bien plus rapide et efficace que les messages radio ou publiés dans les journaux utilisés à l'époque où Spielberg a mis en film son angoisse maritime. «C'est une information instantanée, a-t-il indiqué il y a quelques jours sur les ondes de Sky News, le TVA des Australiens. Les gens n'ont désormais plus d'excuse et ne peuvent plus prétendre qu'ils n'avaient pas été informés de la présence d'un requin».



Dans la nuit de mardi à mercredi, dans la baie de Warnbro, pas moins de 20 intrusions de requins ont été détectées en 5 heures par ce système puis transmises dans l'instant sur le réseau Twitter aux quelque 28 000 abonnés au compte de la SLSWA. Bien sûr, si l'on habite Montréal, Toronto ou Berlin, l'information diffusée par cette fenêtre ouverte sur un océan lointain n'est pas d'un intérêt capital.

Toutefois, pour le département des pêcheries et de la mer de l'Australie, ces données géolocalisées envoyées par ces aiguillats et autres sélaciens sont bien plus qu'une manière de réduire les attaques très rares de requins. Elles vont également servir à des fins de recherche, et ce, pour les 10 prochaines années, soit la durée de vie des bornes émettrice placées sur les requins.
1 commentaire
  • alain petel - Inscrit 8 janvier 2014 05 h 49

    Intéressant !

    Croyez-vous possible, Fabien, que le même système puisse être adapté à la réalité du monde de la construction de par chez nous ? En tout cas, ça devrait apparaître dans les recommandations du rapport de la juge Charbonneau. En lieu d'un sonar, on aurait qu'à placer un cône orange sur la tête de l'animal pour le géolocaliser...