Le télégramme n'est pas mort: le Canada en envoie 20 000 par an

Très vieux, mais loin d'être obsolète. En compétition avec le courriel, le tweet ou le texto, le télégramme, ce message succinct envoyé par télégraphe, est loin d'avoir posé son dernier «stop» sur un bout de papier. Pis, il est même très vivant au Canada où une entreprise de Toronto en assure encore et toujours la transmission d'environ 20 000 par an... Au mépris, bien sûr, des idées reçues.

Telegram Canada — c'est son nom — ne regarde pas l'avenir avec angoisse, rapporte le Toronto Star. L'entreprise fondée en 2006 (pas 1929, mais bien 2006!) par Colin Stove fait vivre quotidiennement un monde que l'on croyait éteint, celui du télégramme, ce mode de communication, de bureaux de poste à bureaux de poste, de messages courts envoyés par l'entremise d'un télex.

Sorte de fil Twitter des temps anciens, le télégramme tranche avec le présent par bien des choses, y compris une temporalité bien à lui: il faut 90 secondes pour faire passer d'un point A à un point B un message de 20 mots.

Alors que l'Inde vient d'annoncer la mise à mort de son service de télégrammes, rapporte le quotidien de la Ville Reine, service malmené par la montée en puissance de la téléphonie sans fil au pays des vaches sacrées, la survie de cette forme d'échange au Canada a  finalement tout pour étonner. Et encore plus quand on découvre que ce marché est même compétitif: la Grande-Bretagne et les États-Unis possèdent aussi leurs compagnies de télégrammes et ne sont pas prêts d'y mettre la clef sous la porte.

C'est que ces messages ont encore une certaine pertinence dans le ici-maintenant. Ils sont prisés entre autres par le secteur judiciaire en raison du caractère «certifié» des mots qu'ils portent. Le télégramme s'accompagne également d'un reçu automatique émis au moment de sa livraison et, du coup, peut être déposé avec assurance en preuve devant un tribunal. Les messages électroniques ne peuvent pas en dire autant.

Le télégramme peut également être mis à contribution pour communiquer dans l'urgence avec de la famille à l'autre du monde, particulièrement dans des zones mal déservies par les réseaux modernes de communication électronique, pour annoncer un mariage ou encore pour donner une dimension délicieusement surannée à une déclaration ou à une invitation. En gros.

À en croire le site de Telegram Canada, les télégrammes qui partent du Canada atterrissent principalement au Canada, mais également aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Irlande et... en Italie. Mais l'histoire ne dit pas pourquoi.



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