Une application pour refaire sa vie, y compris en format numérique

En numérisant sa condition, l'humain donne désormais de la persistance à ses gestes, points de vue, photographies, vidéos et relations dont les traces se multiplient, se partagent et s'archivent durablement dans les univers numériques. Une situation qui peut devenir insoutenable après une séparation — entre autres — et à laquelle l'application KillSwitch a décidé de remédier. Comment? En proposant un service d'effacement de tous ces souvenirs partagés entre deux personnes en ligne et en remerciant au passage Facebook d'avoir ainsi créé ce joli problème qui a maintenant sa solution.En apparence du moins.

Développé par ClearHart, une agence de marketing numérique de New York, cette application bien de son temps se présente en ligne comme un outil efficace et discret qui permet de faire «disparaitre toutes les traces de ses ex sur la ligne de temps (la fameuse time line)» de son compte Facebook. Simple d'utilisation, elle se charge de traquer les contenus reliés à une personne particulière — cela peut être une ex-relation amoureuse, mais aussi une ex-relation de travail, un ex-partenaire d'affaires, une ex-belle-sœur.... — pour mieux les effacer automatiquement de son environnement numérique.

«KillSwitch n'est pas une application vindicative», résume dans les pages numériques du Los Angeles Times, Clara de Soto qui a mis au monde ce service, avec d'autres collègues, après avoir vu une de ses amies quitter Facebook pour survivre à sa séparation. Elle ne voulait plus être exposée à la vie numérique de son ancien amour. «Nous essayons seulement de combler un vide auquel Facebook n'a pas pensé. [Le réseau social] prétend vouloir refléter en format numérique la nature des relations humaines. Or, ces relations peuvent parfois se terminer ou s'écrouler. Ça fait partie de la vie. Et ça devrait aussi faire partie de la vie numérique», tout en tenant compte aussi du fait que ces séparations peuvent parfois être un peu tordues.

Un doute? Pour l'instant, il faut rester «ami» avec son ex pour pouvoir profiter de ce service — les créateurs disent bosser pour une avenir proche sur une version fonctionnant lorsque les liens numériques ont été réellement coupés entre deux personnes.

Pis, KillSwitch permet un effacement automatique des contenus, mais permet également de les traiter à la main et à la pièce — donnant du coup la chance à une âme éconduite de se faire du mal en se replongeant dans ses souvenirs pour décider de ceux qu'elle veut conserver ou faire disparaitre de sa «ligne de temps».

Il est aussi possible de placer tout ce passé numérique élaboré à deux dans un «dossier secret invisible», et ce, pour pouvoir les ressortir dans l'éventualité où la relation reprendrait un jour.

Comme quoi, en donnant l'impression d'offrir le mieux être numérique, KillSwitch a surtout bien compris une chose: la complexité et les paradoxes du vivre ensemble et du vivre à deux n'ont pas de frontières, pas même celles du cyberespace. Et qu'avec un peu d'imagination, il est pas trop difficile de l'exploiter...

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