Stationnement, contravention et modernité: Payer pour ne plus payer

Tout est en train de muter, y compris le concept de «Robin des bois». Un doute? Depuis le 26 mars dernier, un entrepreneur — Sylvain Fourier, pour le nommer — a décidé de venir en aide à ses contemporains automobilistes en leur offrant un service d'alerte numérique permettant d'éviter de récolter des contraventions pour cause de mauvais stationnement. L'homme se présente d'ailleurs comme un «Robin des bois des temps modernes», même s'il réclame entre 45 $ et 55$ par année pour rendre ce service. Aider et défendre: oui. Sans compensation: non!

«C'est un service qui a couté de l'argent à développer, qui va couter de l'argent à promouvoir et pour lequel je n'ai pas le choix de faire payer», a résumé jeudi dernier cet ancien agent d'immeuble et ancien fonctionnaire lors d'un court entretien téléphonique.

Avec Parking-Alerte, M. Fourier souhaite rendre la vie plus facile aux automobilistes abonnés aux contraventions par négligence, étourderie ou un mélange des deux. Comment? En proposant un service d'alerte par courriel, message téléphonique ou message texte informant le propriétaire d'un véhicule stationné en ville quelques minutes avant le début d'une période d'interdiction, périodes nombreuses et pas toujours cohérentes d'un quartier à un autre à Montréal, faut-il le souligner.

L'alerte vise à rappeller à l'automobiliste qu'il a une voiture stationnée dans la rue pour l'inviter à vérifier si elle est au bon endroit.

En apparence moderne, le principe d'alerte développé ici repose toutefois sur l'information liée aux périodes d'interdiction que l'abonné va transmettre lui-même à Parking-Alerte et non pas sur un système géolocalisé et/ou sur les données de la ville en matière d'interdiction de stationner. Il ne prend pas en compte, non plus, les interdictions circonstancielles, comme celles qui accompagnent généralement les périodes de déneigement.

Ce service, imaginé par quelqu'un «qui a ramassé beaucoup de contraventions et qui en a développé une écoeurite aiguë», dit-il, fait son apparition dans l'environnement numérique alors que les habitudes des automobilistes, à Montréal du moins, se préparent à être bouleversées avec le retour des interdictions estivales de stationner, à partir du 1er avril.


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