L'ouverture de la Corée du Nord en un «tweet» historique

Photo prise par la journaliste d'AP, Jean H. Lee, au centre de Pyongyang, en Corée du Nord et partagée via Twitter. Un instantané historique.
Photo: Instagram/Jean H. Lee/AP Photo prise par la journaliste d'AP, Jean H. Lee, au centre de Pyongyang, en Corée du Nord et partagée via Twitter. Un instantané historique.

«Bonjour le monde depuis le Centre des communications de #Pyongyang». Lancé en anglais au début de la semaine sur le réseau Twitter, ce message de moins de 140 caractères risque de passer à l'histoire. Non pas pour la profondeur de son propos, mais plutôt pour son caractère unique et fondateur: il s'agit en effet du premier «tweet» envoyé par l'entremise d'un iPhone depuis la capitale de la Corée du Nord, l'un des pays les plus fermés au monde.

Produit par la journaliste Jean H. Lee, cheffe du bureau coréen de l'Associated Press et surtout habituée des voyages fortement encadrés au royaume de Kim Jong-un — et précédemment de son père Kim Jong-il — , ce tweet historique est raconté par son auteure dans cette dépêche.

En gros, elle y explique avoir utilisé pour la première fois, avec son iPhone, le réseau 3G mobile de la ville de Pyongyang, réseau érigé en 2008 par le consortium égypto-nord-coréen Koryolink. Le micro-message a été suivi de plusieurs autres provenant du même endroit, dont un qui est passé par le réseau de partage de photos Instagram pour montrer une bannière au bord d'une rue de la capitale évoquant le très controversé essai nucléaire effectué le 12 février dernier par la Corée du Nord.

En apparence ordinaire ailleurs dans le monde, rappelle Mme Lee, ce partage d'information, en format mobile et numérique, depuis ce haut lieu du contrôle social, de la peur de l'autre et du repli identitaire, prend forcément une autre dimension, en s'attaquant un peu aux préjugés cultivés par le reste de la planète face à ce régime totalitaire. Un régime qui surprend pas seulement pour ses bulletins de nouvelles et ses décors contemporains qui semblent tout droit sortis d'un film de propagande russe des années 50: qui aurait imaginé, en effet, un réseau 3G mobile au centre de Pyongyang?

Et ce régime, désormais, l'air de rien et timidement, serait en train de vaciller sous l'effet d'une technologie qui est en train d'imposer sa domination partout, y compris là où on l'attendait le moins.


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