Printemps arabe et réseaux sociaux: une influence plus qu'exagérée

Les excès et les débordements ont été nombreux, y compris dans la façon dont les occidentaux ont regardé et décrit le «Printemps arabe» en le présentant avec une redondance souvent épuisante comme «la première révolution des réseaux sociaux». Une interprétation plus qu'exagérée, estime un blogueur marocain, pourtant au coeur de l'action à l'époque, et ce , deux ans après le lancement de cet incroyable cri de la liberté, dont les conséquences sont toujours improbables.

«Le rôle des réseaux sociaux dans le Printemps arabe a été très exagéré, notamment par les médias occidentaux. La révolution Facebook ou Twitter, tel que ces évènements ont été qualifiés, sont un mythe et un fantasme nés de raccourcis journalistiques», résume Mounir Bensalah qui vient de signer le bouquin Réseaux sociaux et révolutions arabes ? (Éditions Michalon). Son entrevue est reproduite sur le site d'information FRANCE 24.

«Les populations des pays arabes ne sont pas descendues dans les rues grâce aux réseaux sociaux, mais elles ont plutôt été poussées à se révolter pour des raisons sociales et politiques. D'ailleurs, peu de gens étaient réellement connectés, et beaucoup d'entre eux n'avaient même pas accès à un ordinateur», ajoute-t-il.

Amorcé en décembre 2010, ce grand mouvement de contestation populaire qui a frappé le monde arabe a pris son ampleur dans les mois suivants devenant du coup ce que l'on a qualifié de «Printemps arabe». Régulièrement, les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête, y ont été associés comme vecteur et catalyseur. En gros.



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