Cuisine de rue: l'expérience de Montréal inspire Québec

Le camion de rue du restaurant végétalien La Panthère verte, à Montréal. La Ville de Québec tient des consultations en vue de lancer un projet-pilote sur la cuisine de rue l’été prochain.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le camion de rue du restaurant végétalien La Panthère verte, à Montréal. La Ville de Québec tient des consultations en vue de lancer un projet-pilote sur la cuisine de rue l’été prochain.
Activités non rentables, emplacements mal choisis… La Ville de Québec cherche à tirer des leçons de l’expérience de Montréal en matière de camions de rue avant de lancer son projet-pilote, prévu pour l'été prochain.

« On voit qu’à Montréal, il y a de l’insatisfaction parce que les emplacements ont été mal choisis », a remarqué la vice-présidente du comité exécutif, Julie Lemieux, en marge d’une consultation publique.

Selon la porte-parole de l’Association des restaurateurs de rue du Québec, les sites offerts n’avaient pas assez de potentiel d’attrait. « À Montréal, le problème, c’est qu’on est à 50 mètres du succès tout le temps », signale Gaëlle Cerf. « Un des bons exemples, c’est le Square Victoria. Les camions sont placés sur la rue Saint-Jacques alors qu’ils devraient être dans le parc », précise-t-elle. « Le parc est plein de monde, mais ils ne voient pas les camions. »

Même chose pour le site de la Place d’Armes. « Le camion est juste au coin de rue d’à côté. Le parvis de l’église est plein de monde, de touristes, puis le camion est un peu trop loin. »

La Ville de Québec tient des consultations en vue de lancer un projet-pilote sur la cuisine de rue l’été prochain. Un groupe de travail constitué notamment d’élus et du chef Jean Soulard doit soumettre ses recommandations au comité exécutif en décembre.

Le lieu, nerf de la guerre

L’emplacement des camions est en train de s’imposer comme l’enjeu central à Québec. Les restaurateurs s’opposent à la présence des camions dans les secteurs les plus touristiques et courus (Vieux-Québec, rue Cartier, Grande-Allée, etc.) et recommandent qu’on mise plutôt sur des zones industrielles ou des sites mal desservis en restauration comme la promenade Samuel-de-Champlain.

Or, même le représentant de l’Association des restaurateurs du Québec, François Meunier, convient qu’il faut trouver des lieux rentables pour les propriétaires de camions. Certains restaurateurs avec permis sont d’ailleurs intéressés à se doter de tels camions s’ils étaient autorisés.

L’expérience des camions de rue s’est faite « de façon assez satisfaisante à Montréal », dit-il. Mais des ajustements doivent être faits notamment pour ce qui est du choix des emplacements. « Le principal problème à Montréal actuellement, c’est d’assurer une rentabilité sur chacun des sites. C’est clair que c’est pas le cas actuellement. »

Le nombre de permis est aussi un enjeu-clé, a-t-il dit. À Montréal en 2016, 28 camions et 36 sites ont été autorisés. Mardi, l’Association des restaurateurs a recommandé à Québec de s’en tenir à une douzaine d’emplacements, avec la possibilité de mettre plus d’un camion à chaque endroit. L’Association de rue réclame qu’on octroie des permis à une trentaine de véhicules.

Dans le passé, la Ville de Québec s’était montrée réticente à permettre la cuisine de rue à Québec de peur que cela nuise aux restaurants. Dans son document de consultation, elle souligne que la capitale compte plus de restaurants que les autres villes avec un ratio d’un restaurant par 369 habitants, contre 503 à Gatineau, 588 à Sherbrooke et 379 pour Montréal.
2 commentaires
  • Céline Delorme - Abonnée 4 octobre 2016 20 h 42

    Pourquoi des camions en ville?

    Je ne comprends vraiment pas cette nouvelle mode des camions...
    On fait pourtant la promotion du vélo, des voitures électriques et de la réduction du CO2 ?
    Je veux bien croire que la cuisine est recherchée, et moderne, mais pourquoi toute cette pollution ajoutée à la pollution déjà inévitable?
    Au parc du Mont Royal, par exemple, on a un grand espace inoccupé dans le Chalet, qui pourrait servir de resto ou café sympathique, sans ajouter de pollution.
    Mais non: on empile souvent deux ou trois camions, les week ends, à côté du chalet, avec les émanations de tuyaux d'échappement des moteurs..

  • gaston bergeron - Abonné 6 octobre 2016 10 h 04

    Manger dans la rue?

    Comment çà?