FIQ: une année chargée et des résultats attendus

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
Selon la FIQ, l’ensemble des conditions de travail des infirmières doit être amélioré et la profession doit être revalorisée.
Photo: Getty Images Selon la FIQ, l’ensemble des conditions de travail des infirmières doit être amélioré et la profession doit être revalorisée.

Ce texte fait partie du cahier spécial Fête des travailleurs

Les 76 000 membres de la FIQ (composés surtout d’infirmières et d’infirmières auxiliaires) en ont marre du temps supplémentaire obligatoire (TSO). Le 8 avril dernier, elles tenaient donc une journée nationale sans TSO afin que cette mesure devienne une exception plutôt que la norme comme c’est le cas actuellement.
 

La fin prochaine du TSO ?

Comme l’indique le communiqué de la FIQ datant du 17 avril, cette mobilisation a porté ses fruits. La ministre McCann a bien saisi l’urgence d’agir. Elle a adopté un Plan d’action et un échéancier rapide pour mettre fin au TSO. En campagne électorale, la CAQ s’était d’ailleurs engagée à abolir cette mesure.
 

Nancy Bédard, présidente de la FIQ, se dit satisfaite des engagements pris. Mais elle croit toutefois qu’il était plus que temps d’agir. « Au fil des années, on a fragilisé le réseau de la santé en confiant à nos membres une charge de travail démesurée, dit-elle. La qualité des soins et la sécurité des interventions s’en sont ressenties. Il faut qu’il y ait une meilleure planification des horaires dans les hôpitaux, une embauche massive d’infirmières, un rehaussement de postes (offrir des postes à temps complet à des infirmières à temps partiel) et une surdotation afin de pallier les absences récurrentes. » La FIQ compte faire un suivi serré auprès de la ministre pour s’assurer que le dossier chemine dans le bon sens.


Le syndicat a d’ailleurs reçu un appui de taille avant sa journée de mobilisation du 8 avril dernier. Un juge du Tribunal administratif du travail (TAT) a reconnu que le TSO doit être utilisé lors de situations urgentes et exceptionnelles.
 

Le dossier des ratios


Autre dossier prioritaire pour la FIQ : les ratios. En ce moment, les infirmières ont trop de patients à leur charge et elles ne sont pas remplacées lorsqu’elles partent en congé. Cette situation ne permet pas aux patients de recevoir les soins dont ils ont besoin et met en danger la santé physique et mentale des infirmières. Après plusieurs mois de revendications, la FIQ avait réussi à obtenir la mise en place de projets-pilotes pour tester les ratios infirmière-patients souhaitables. « La ministre McCann est d’accord pour procéder à une analyse rapide de ces projets et déployer des ratios de façon graduelle dans le réseau », dit Mme Bédard.


La présidente de la FIQ veut cependant obtenir plus de la part de la ministre. « Nous voulons obtenir l’adoption d’une loi sur les ratios, précise-t-elle. Une telle loi est en vigueur en Australie et en Californie et elle a eu des effets positifs sur les soins dispensés aux patients. »


Selon Nancy Bédard, cela permettrait de réduire les erreurs dans les médicaments à administrer aux patients, de recevoir les traitements au moment opportun, d’offrir des soins plus adéquats et de diminuer l’absentéisme.


Ces deux mesures auraient des effets positifs sur la main-d’œuvre infirmière. « Cela ramènera dans le réseau celles qui l’ont quitté et les retiendra », dit la présidente de la FIQ.


Ces améliorations devraient aussi permettre d’offrir plus de postes à temps complet, ce qui serait bien apprécié, selon Mme Bédard. « Nous avons beaucoup d’infirmières auxiliaires à temps partiel qui ne demandent qu’à travailler à temps plein », affirme-t-elle, ajoutant que l’adoption de ces mesures aurait pour effet de stabiliser les équipes, ce qui est très important aussi.
 

Négociations ardues à venir ?

L’année en cours est la dernière du contrat de travail qui lie la FIQ au gouvernement. Des négociations en vue d’une nouvelle convention collective devront donc s’amorcer au cours des prochains mois. « L’ensemble des conditions de travail doit être amélioré et la profession doit être revalorisée, souligne la présidente. Des hausses de salaire feront ainsi partie de nos demandes. Ce sont des conditions essentielles si l’on souhaite attirer de nouvelles personnes dans la profession. »
 

Selon Mme Bédard, pour la première fois, la FIQ s’est donné un plus grand rapport de force dans ces négociations en s’associant avec l’Association du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). Un regroupement qui représentera 130 000 employés.