La parole à nos lecteurs

Une mise en marché ultraprudente

 

L’Assemblée nationale du Québec vient d’adopter (12 juin 2018) la loi 60 créant la Société québécoise du cannabis. Cette filiale de la SAQ comptera 20 succursales, soit un peu moins que les 801 points de vente (en comptant les agences) de la SAQ, même si, selon l’avis de la plupart des spécialistes, l’alcool cause énormément plus de dommages que le cannabis. Vingt succursales pour le territoire du Québec semblent bien peu. Que feront les consommateurs d’Hébertville-Station au Lac-Saint-Jean, de Pointe-à-la-Croix en Gaspésie ou de Cadillac en Abitibi ? N’ayons crainte, il y aura certainement de sympathiques motocyclistes pour répondre à la demande, comme ils le font d’ailleurs depuis belle lurette, sans être trop inquiétés !


François Thérien
Montréal, le 12 juin 2018

 

Donald Trump, personnalité narcissique

 

Certains observateurs croient que Trump agit de façon rationnelle avec l’intention de promouvoir le statut des États-Unis comme première puissance mondiale. Cependant, les changements de stratégies imprévisibles et les sautes d’humeur du président américain témoignent plutôt d’un trouble mental. Déjà en 2017, plusieurs psychiatres américains s’inquiétaient de l’état psychique de Donald Trump ; certains demandaient sa destitution.

Donald Trump présente de nombreuses caractéristiques du trouble de personnalité narcissique, décrites dans le Manuel diagnostique et statistique des maladies mentales (DMS-5). Par exemple : le sujet a un sens grandiose de sa propre importance ; surestime ses réalisations et ses capacités ; s’énerve facilement quand on ne répond pas à ses désirs ou à ses besoins ; s’attend à être reconnu comme supérieur ; fait preuve d’attitudes et de comportements arrogants et hautains. Il accepte difficilement des avis différents ; manque d’empathie ; n’a pas conscience des besoins des autres ni des effets de sa conduite sur son entourage ; il se montre intransigeant [...].

Ce trouble est difficile à traiter, en partie parce que ses origines sont nébuleuses, mais surtout parce que l’individu qui en est atteint n’éprouve aucun besoin de consulter. Ce sont les autres qui ont tort, pourquoi consulterait-il, lui ?

À la lumière de ce diagnostic, on peut mieux déchiffrer les agissements souvent absurdes du président. Beaucoup espèrent que Trump ne sera pas réélu en 2020. En attendant, il serait judicieux au moins de ne pas nourrir sa soif d’importance et de minimiser la publication de tous ses gazouillis. De toute façon, la plupart du temps, il changera d’idée…


Jana Havrankova, médecin à la retraite
Saint-Lambert, le 11 juin 2018