Derrière le logo de la campagne «Partenaires Bœuf Québec»

À travers cette initiative privée émanant de la Société des parcs d’engraissement du Québec (SPEQ, un regroupement de 80 parcs) et du distributeur alimentaire Colabor (divisions Viandes Décarie et Viandes Lauzon), la filière bovine québécoise tente de reprendre du poil de la bête ! C’est que le marché pique du nez : de 200 000 bouvillons abattus en 2008, le Québec est passé à 90 000. Boeuf Québec est donc fortement soutenu (et le bienvenu) par les acteurs du milieu, dont la fédération Producteurs de bovins du Québec, qui voit ainsi une occasion d’affaires pour se remettre sur les rails.
 
Toutefois, le logo que vous croiserez sur votre route aux comptoirs de boucheries et de restaurants participants ne vous garantit pas encore qu’il s’agisse d’un boeuf né au Québec. « Notre promesse actuelle, c’est élevé 100 jours au Québec. Bien entendu, on vise un boeuf né ici, mais pour l’instant, on ne peut pas, car il y a des impératifs de saisonnalité et de marché. Mais on travaille là-dessus », précise Jean-Sébastien Gascon, coordonnateur du programme Partenaires Boeuf Québec et directeur général de la SPEQ.
 
Quant aux termes « qualité » et « perspective de production durable » avancés dans le communiqué de la société, il ne faut pas les associer pour le moment à un vocable éthico-environnemental (type d’alimentation, bien-être animal, sans antibiotiques, etc.), mais à celui d’une logique de production qui exige une constance dans la qualité du produit offert (en matière de saveurs et de coupes) et l’approvisionnement (en volume).
 
Pour le reste, il pourra s’agir d’un boeuf de race Angus, Charolaise… né ici ou pas. Ne reste plus qu’à goûter pour se faire une idée et être prêt à payer un peu plus cher cette viande de boeuf.

Né au Québec ? Pas forcément. Mais un projet « veau » est en cours.

De quelle race ? Soit Angus, soit Charolais…

Élevé au Québec ? Au moins 100 jours.

Abattu au Québec ? Comme il n’y a plus, chez nous, d’abattoirs spécialisés dans les bouvillons sous inspection fédérale (le dernier a fermé en 2015), ce sont des abattoirs dits multi-espèces. Il y a cinq de ces abattoirs sous inspection fédérale au Québec. Deux sont partenaires du projet : Viandes Forget, à Terrebonne, et Les Viandes de la Petite-Nation, à Saint-André-Avellin.

Le tampon Bœuf Québec ? Ni officiel ni réglementaire. « C’est un tampon qui nous fait plaisir. Il est mis soit à l’abattoir, soit chez le distributeur », explique le coordonnateur du programme.