Israël et le Hamas accusés de «crimes de guerre présumés» par HRW

Des experts en explosifs fouillent un bâtiment détruit à la recherche de projectiles non explosés à la suite du conflit de mai 2021 avec Israël, dans la ville de Gaza.
Photo: Mahmud Hams Agence France-Presse Des experts en explosifs fouillent un bâtiment détruit à la recherche de projectiles non explosés à la suite du conflit de mai 2021 avec Israël, dans la ville de Gaza.

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé mardi Israël et le mouvement armé palestinien Hamas de « crimes de guerre présumés » lors du conflit qui les a opposés en mai.

Du 10 au 21 mai, le Hamas au pouvoir à Gaza et l’armée israélienne se sont livré une guerre de 11 jours fatale à 260 Palestiniens, parmi lesquels des enfants et des combattants, et 13 personnes en Israël, y compris un soldat, un enfant et une adolescente.

HRW a enquêté sur trois frappes aériennes de l’armée israélienne : le 10 mai à Beit Hanoun, le 15 mai dans le camp al-Shati et le 16 sur la rue al-Wahda, dans le centre-ville de Gaza. Elles avaient causé la mort de 62 « civils palestiniens », selon l’ONG.

« L’armée israélienne a affirmé qu’elle avait visé des tunnels et un centre de commandement souterrain utilisé par les groupes armés, mais n’a présenté aucun détail pour étayer cette affirmation », a indiqué HRW, dont les chercheurs internationaux se sont vu « refuser » par Israël l’accès à la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants sous blocus israélien depuis 2007.

Roquettes et mortiers

Les groupes armés palestiniens, en premier lieu le Hamas qui contrôle la bande de Gaza, ont tiré plus de 4300 roquettes et mortiers vers Israël selon les données de l’armée israélienne, ont « également perpétré des attaques illégales », a ajouté HRW qui a dit travailler sur « un rapport séparé » sur ces frappes.

Dans un communiqué, l’armée israélienne a déploré que HRW « choisisse de recycler des allégations déjà réfutées au lieu de condamner les violations du droit international par le Hamas et d’autres organisations terroristes, qui mènent des opérations militaires à partir de zones d’habitations, de mosquées, d’écoles et d’hôpitaux ».

Le ministère des Affaires étrangères israélien a qualifié les chercheurs de HRW de « propagandistes se faisant passer pour des défenseurs des droits de la personne [qui] ne méritent pas d’être pris au sérieux », ajoutant que l’ONG « est connue pour son programme anti-israélien ».

De son côté, le Hamas a assuré dans un communiqué que « la résistance palestinienne s’est efforcée d’éviter de viser des civils malgré les massacres commis par l’occupation israélienne ».

L’enquête de la CPI

HRW a appelé mardi la Cour pénale internationale (CPI) à « diligenter une enquête » sur ces « crimes de guerre présumés », estimant qu’« Israël et les autorités palestiniennes ont fait preuve de très peu d’empressement à s’occuper des abus commis par leurs forces ».

La CPI a annoncé en début d’année avoir ouvert une enquête sur des crimes présumés commis dans les territoires palestiniens depuis 2014, une initiative rejetée par Israël, mais saluée par les Palestiniens.

Mardi, HRW a ainsi plaidé pour que la dernière guerre de Gaza, la quatrième depuis fin 2008, fasse aussi partie de cette enquête, de même que les « crimes d’apartheid ». En avril, HRW avait qualifié d’« apartheid » la politique d’Israël à l’égard des Arabes sur son sol et des Palestiniens dans les territoires occupés, déclarations qui avaient provoqué l’ire de l’État hébreu.

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