Inquiétudes pour l’accès à Internet en Iran

En Iran, l’accès à Internet est largement filtré ou restreint par les autorités: sans logiciel anticensure de type RPV (réseau privé virtuel — VPN en anglais), l’essentiel des pages Web hébergées hors du pays est inaccessible.
Photo: Atta Kenare Agence France-Presse En Iran, l’accès à Internet est largement filtré ou restreint par les autorités: sans logiciel anticensure de type RPV (réseau privé virtuel — VPN en anglais), l’essentiel des pages Web hébergées hors du pays est inaccessible.

Le journal réformateur iranien Etemad a affiché dimanche ses craintes face à un projet controversé du Parlement qui limiterait encore plus l’accès à Internet mondial à partir de la République islamique.

En Iran, l’accès à Internet est largement filtré ou restreint par les autorités : sans logiciel anticensure de type RPV (réseau privé virtuel — VPN en anglais), l’essentiel des pages Web hébergées hors du pays est inaccessible. Il en est de même pour les grands réseaux sociaux ou services de messagerie internationaux, tous bloqués en Iran à l’exception d’Instagram et de WhatsApp, ce qui n’empêche pas de nombreux responsables, jusqu’au guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, d’utiliser Twitter à des fins de communication officielle.

Depuis plusieurs jours, de nombreux internautes iraniens s’inquiètent de l’existence d’un projet de loi visant à restreindre davantage l’accès au réseau au nom de la protection « du droit des utilisateurs du cyberespace ». Le projet émanerait de certains députés conservateurs (majoritaires à la Chambre depuis 2020) et non du gouvernement modéré-réformateur du président Hassan Rohani, sur son départ après l’élection de l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi à la présidence le 18 juin.

Selon Etemad, le projet en questionaurait pour but, d’après son intitulé,d’« organiser les messageries sociales ». Il prévoirait d’interdire l’utilisation de RPV et « l’emprisonnement des utilisateurs de réseaux sociaux filtrés », écrit le journal.

Selon un extrait du texte en projet cité par Etemad, « tout individu […] enfreignant les mesures de blocage sera condamné à une peine de 7e degré, et en cas de récidive à une peine » plus grave. D’après la loi iranienne, une peine de 7e degré comprend l’incarcération du condamné de « 91 jours jusqu’à six mois », une amende, la « privation des droits civiques jusqu’à six mois » et jusqu’à « trente coups de fouet ».

Etemad accuse les députés de vouloir agir « contre les droits les plus fondamentaux des citoyens », la « liberté d’expression et la liberté des médias ». Selon Etemad, le projet vise à interdire totalement le recours à des réseaux sociaux étrangers pour n’autoriser que des réseaux développés en Iran, ce qui faciliterait l’accès des autorités « aux contenus confidentiels des utilisateurs ».

Cité dimanche par Icana, l’agence du Parlement, le député Ali Yazdikhah, membre de la Commission des affaires culturelles, confirme l’existence d’un projet de loi relatif à l’utilisation d’Internet.

Cependant, le projet vise « les entreprises qui fabriquent les RPV » et « pas leurs utilisateurs », a-t-il déclaré à l’agence, tout en regrettant « le manque de contrôle sur le cyberespace en ce moment. »

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