L’opposition israélienne appelle à un «gouvernement d’union»

D’avril 2019 à mars dernier, Israël a tenu quatre élections législatives, débouchant soit sur l’incapacité de la classe politique à s’entendre sur un gouvernement, soit sur un gouvernement d’union n’ayant pas duré.
Photo: Alex Kolomoisky / Pool via Associated Press D’avril 2019 à mars dernier, Israël a tenu quatre élections législatives, débouchant soit sur l’incapacité de la classe politique à s’entendre sur un gouvernement, soit sur un gouvernement d’union n’ayant pas duré.

Le chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid, a appelé dimanche à la formation d’un « gouvernement d’union »à l’heure où le premier ministre Benjamin Nétanyahou tente en vain de rallier extrême droite et islamistes pour se maintenir au pouvoir et éviter un nouveau scrutin.

Après avoir terminé en première place des législatives de mars, mais sans assez d’appuis pour atteindre la majorité (61 des 120 sièges du Parlement), M. Nétanyahou a obtenu le mandat du président Reuven Rivlin pour tenter de former le prochain gouvernement.

Alors que les pourparlers se multiplient en coulisses, le centriste Yaïr Lapid a appelé à la formation d’un gouvernement « d’union nationale » pour mettre fin à la crise.

« Nous devons rétablir la confiance entre la population et ses leaders. Nous devons former un gouvernement qui va nous unir : pas un gouvernement de droite, pas un gouvernement de gauche, mais un gouvernement d’union », a déclaré M. Lapid, disant vouloir éviter la tenue d’un cinquième scrutin.

D’avril 2019 à mars dernier, Israël a tenu quatre élections législatives, débouchant soit sur l’incapacité de la classe politique à s’entendre sur un gouvernement, soit, après le troisième scrutin, sur un gouvernement d’union n’ayant duré que quelques mois.

Casse-tête politique

Pour atteindre le seuil critique des 61 députés, M. Nétanyahou et ses alliés des partis ultra-orthodoxes doivent obtenir le soutien de la formation de droite radicale Yamina, dirigée par Naftali Bennett, du parti d’extrême droite sioniste religieux de Bezalel Smotrich et du parti islamiste Raam de Mansour Abbas.

Jusqu’à présent, M. Nétanyahou est confronté au refus de M. Smotrich de se joindre à un gouvernement soutenu par le parti Raam, dont des membres ont qualifié M. Smotrich de « raciste ».

Nous devons rétablir la confiance entre la population et ses leaders. Nous devons former un gouvernement qui va nous unir : pas un gouvernement de droite, pas un gouvernement de gauche, mais un gouvernement d’union

 

M. Lapid plaide, lui, pour un gouvernement d’union où « il y aurait trois partis de droite, deux du centre et deux de gauche ». Mais en additionnant le nombre de députés des sept partis auxquels il fait référence, le compteur pointe à 58 sièges, alors qu’il en faudrait 61.

« Nous allons tout faire pour former un gouvernement d’union qui fonctionne, qui est stable et qui est bienveillant », a ajouté M. Lapid, se disant ouvert à toutes les options pour trouver une majorité — à l’exception d’une alliance avec les « kahanistes », un courant d’extrême droite membre du parti de M. Smotrich.

Pour compliquer encore l’équation, M. Smotrich a à l’inverse affirmé ce week-end préférer un gouvernement incluant M. Lapid à un autre soutenu par les partis arabes.

Dans ce paysage politique fragmenté,M. Nétanyahou a appelé dimanche soir Gideon Saar, qui a quitté fin 2020 le Likoud (droite) du premier ministre pour former son propre parti, à le rejoindre dans un « gouvernement de droite » protégeant « l’identité juive » et les colonies en Cisjordanie occupée.

« Formons ensemble un gouvernement de droite fort dont Israël a tant besoin », a lancé M. Nétanyahou, au pouvoir depuis près de 15 ans.

M. Saar avait entre autres quitté les rangs du Likoud en accusantM. Nétanyahou, désormais inculpé pour corruption, fraude et abus de confiance, de « mettre son intérêt personnel avant celui du pays ».

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