Les affrontements se poursuivent à Gaza entre le Djihad islamique et Israël

Des membres du Djihad islamique manifestent contre les soldats israéliens qui ont tiré sur deux de leurs combattants, accusés d’avoir placé un engin explosif à proximité de la barrière séparant Israël de Gaza, selon l’armée israélienne.
Photo: Louai Beshara Agence France-Presse Des membres du Djihad islamique manifestent contre les soldats israéliens qui ont tiré sur deux de leurs combattants, accusés d’avoir placé un engin explosif à proximité de la barrière séparant Israël de Gaza, selon l’armée israélienne.

Le Djihad islamique palestinien et Israël poursuivaient lundi soir leurs échanges de tirs dans la bande de Gaza, malgré les appels à cesser les hostilités qui font craindre une nouvelle escalade militaire à moins d’une semaine des législatives israéliennes.

Le groupe islamiste armé avait annoncé en début de soirée, après l’appel de l’ONU à la « cessation immédiate des tirs de roquettes » depuis Gaza, la fin de ses frappes vers Israël.

Mais un peu plus d’une heure plus tard, et dans la foulée de la poursuite des bombardements israéliens sur Gaza, le Djihad islamique a fait marche arrière.

« Nous avons annoncé la fin de notre riposte militaire pour les assassinats commis à Khan Younès [Gaza] et à Damas [Syrie], mais l’ennemi n’en a pas pris acte et a attaqué notre base et nos combattants », a déclaré le porte-parole du groupe Abou Hamza. « C’est pourquoi nous annonçons avoir répondu selon la formule “une frappe pour une frappe”.»

Ce mouvement, deuxième groupe islamiste armé de Gaza après le Hamas, qui contrôle l’enclave palestinienne, a lancé depuis dimanche environ 80 roquettes vers Israël, selon les autorités israéliennes.

De manière préventive, quelque 65 000 élèves avaient été sommés de rester chez eux lundi dans des villes israéliennes jouxtant la bande de Gaza, les trains ont été annulés entre les villes d’Ashkelon et de Beersheva, et plusieurs routes sont fermées dans le sud du pays. Les autorités israéliennes ont annoncé que les établissements scolaires resteraient fermés mardi. La majorité des roquettes ont été interceptées par le bouclier antimissile d’Israël « Dôme de fer ». Selon un journaliste de l’AFP, une roquette est tombée dans un parc pour enfants de la ville de Sdérot sans faire de blessé, car personne n’était sur les lieux.

Des avions de combat et des chars de l’armée israélienne ont bombardé au cours de la journée et de la soirée de lundi des cibles du mouvement à travers la bande de Gaza, enclave paupérisée où vivent deux millions de Palestiniens.

Les autorités israéliennes, qui imposent depuis 13 ans un blocus à Gaza, ont décrété lundi soir la fermeture « jusqu’à nouvel ordre », des points de passage d’Erez, pour les personnes et celui de Kerem Shalom, pour les marchandises et annoncé la fermeture totale de la zone maritime de la bande de Gaza, empêchant ainsi les pêcheurs de sortir en mer.

« Le Djihad islamique et le Hamas doivent comprendre que cela ne peut pas durer. S’ils ne cessent pas les frappes complètement — et je ne parle pas d’un jour ou deux, mais définitivement —, nous devrons aller de l’avant avec une campagne (militaire) d’envergure », a prévenu M. Nétanyahou, qui a annulé des rassemblements de campagne prévus lundi soir.

« Nétanyahou, le pays est à feu ! », a répliqué son rival électoral Benny Gantz, ancien chef de l’armée qui prône la ligne dure face aux groupes armés de Gaza. Comme M. Nétanyahou, Benny Gantz a annulé un événement en soirée, dans son cas les célébrations pour le premier anniversaire de sa formation centriste Bleu blanc.

Souvenir de novembre

La séquence des deux derniers jours a débuté lorsque deux combattants du Djihad islamique ont tenté « de placer un engin explosif à proximité » de la barrière séparant Israël de Gaza selon l’armée israélienne, puis ont été la cible de tirs de soldats israéliens.

Un bulldozer militaire a récupéré le corps inerte de l’un des deux combattants tués pour le ramener en direction de la barrière frontalière. Une vidéo de l’incident, authentifiée par l’AFP, circule depuis en boucle sur les réseaux sociaux palestiniens et à l’étranger.

Dans la foulée, le Djihad islamique avait tiré des premières roquettes sur Israël qui a répliqué avec des frappes aériennes contre des « positions » de ce mouvement à Gaza, mais aussi près de Damas, en Syrie.

Six combattants, dont deux du Djihad islamique, ont été tués dans ces frappes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

Les forces israéliennes sont souvent accusées par Damas de mener des frappes en Syrie voisine, mais elles revendiquent rarement des bombardements dans ce pays, qu’elles accusent d’héberger des éléments qui lui sont hostiles, comme le Hezbollah libanais, la Force iranienne Qods et le Djihad islamique.

Israël avait d’ailleurs mené en novembre une opération éclair d’un peu plus de deux jours contre le Djihad islamique dans la bande de Gaza qui avait fait une trentaine de morts, dont neuf membres d’une famille palestinienne sans lien avec le groupe armé.