Les résultats de l’élection en Afghanistan attendus dans un mois

L’élection devait être la plus propre jamais organisée dans la jeune démocratie afghane, une entreprise allemande ayant fourni des machines biométriques pour empêcher les gens de voter plus d’une fois.
Photo: Office de presse du président de l'Afghanistan via Agence France-Presse L’élection devait être la plus propre jamais organisée dans la jeune démocratie afghane, une entreprise allemande ayant fourni des machines biométriques pour empêcher les gens de voter plus d’une fois.

L’annonce des résultats définitifs de l’élection présidentielle afghane, remportée à la majorité absolue au premier tour par le président sortant, devrait prendre au moins un mois, a annoncé jeudi la commission étudiant les milliers de recours des candidats.

Un total de 16 500 plaintes pour irrégularités a été déposé par les candidats, a annoncé le chef de la Commission des plaintes électorales (ECC) Zuhr Bayan, dans une conférence de presse. Il n’a pas détaillé la nature de ces recours.

Le président sortant Ashraf Ghani a déposé plus de 3000 plaintes, contre environ 8000 pour son principal adversaire, le chef de l’exécutif Abdullah Abdullah.

Ce dernier a crié la fraude après l’annonce dimanche des résultats préliminaires du premier tour de l’élection du 28 septembre, qui lui accordent 39,52 % des suffrages contre 50,64 % à M. Ghani.

L’ECC a fini d’enregistrer les plaintes mercredi. Elle a maintenant 15 jours pour les examiner et rendre ses décisions. Les candidats auront ensuite trois jours pour les contester, ce qui paraît très vraisemblable. Auquel cas la commission disposera de deux semaines supplémentaires pour trancher.

L’annonce des résultats préliminaires, initialement prévue le 19 octobre, puis le 14 novembre, avait été reportée à chaque fois pour des raisons techniques.

Abdullah Abdullah avait demandé l’arrêt du décompte des voix pour « sauver le processus des fraudeurs », sans toutefois étayer ses accusations.

L’élection devait être la plus propre jamais organisée dans la jeune démocratie afghane, une entreprise allemande ayant fourni des machines biométriques pour empêcher les gens de voter plus d’une fois.

Mais près d’un million sur les 2,8 millions de votes recensés à l’origine avaient été écartés pour irrégularités.

Avec 1,8 million de votes restants, pour 9,6 millions d’électeurs enregistrés, cette élection a d’ores et déjà connu le plus faible taux de participation de tous les scrutins afghans.

Tant la population afghane que la communauté internationale craignent une répétition du scénario de 2014, quand Abdullah Abdullah avait contesté les résultats du scrutin, entaché de graves irrégularités, ce qui avait débouché sur une crise constitutionnelle.

À la suite d’une intervention de Washington, il s’était au bout du compte vu attribuer un poste de chef de l’exécutif, sous l’autorité de M. Ghani.