L’Iran développe des «missiles balistiques à capacité nucléaire»

Les ambassadeurs de la France, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne à l’ONU exhortent le secrétaire général Antonio Guterres à informer le Conseil de sécurité dans son prochain rapport que l’activité de l’Iran en matière de missiles balistiques est «incompatible» avec une résolution approuvant l’accord nucléaire avec l’Iran en 2015.
Photo: Angela Weiss Archives Agence France-Presse Les ambassadeurs de la France, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne à l’ONU exhortent le secrétaire général Antonio Guterres à informer le Conseil de sécurité dans son prochain rapport que l’activité de l’Iran en matière de missiles balistiques est «incompatible» avec une résolution approuvant l’accord nucléaire avec l’Iran en 2015.

L’Iran développe des « missiles balistiques à capacité nucléaire », violant une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, dénoncent l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France dans une lettre commune au secrétariat général de l’ONU.

Les ambassadeurs de ces pays à l’ONU exhortent, dans cette lettre transmise à l’AFP jeudi, le secrétaire général Antonio Guterres à informer le Conseil dans son prochain rapport que l’activité de l’Iran en matière de missiles balistiques est « incompatible » avec une résolution du Conseil approuvant l’accord nucléaire avec l’Iran en 2015.

Cette lettre est « un mensonge désespéré pour dissimuler leur misérable incompétence dans l’accomplissement du strict minimum de leurs propres obligations », a réagi sur Twitter Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères.

Si les trois pays veulent avoir « un minimum de crédibilité mondiale, ils peuvent commencer par exercer leur souveraineté plutôt que de se plier aux pressions américaines », dénonce-t-il.

Cette résolution, rappellent les trois puissances, prévoit que « l’Iran est tenu de ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des armes nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques ».

Or, ils « notent avec préoccupation » que l’Iran aurait contrevenu à cette résolution.

Ils s’appuient notamment sur des images diffusées sur les « médias sociaux » le 22 avril 2019 montrant un essai d’une nouvelle version de missile balistique à moyenne portée Shahab-3, selon eux capable de transporter une arme nucléaire.

Les États-Unis, qui se sont retirés en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien, accusent l’Iran de tenter de développer des missiles à capacité nucléaire, ce que les Iraniens nient.

Londres, Berlin et Paris citent d’autres preuves de développement de ces missiles balistiques, comme le lancement le 2 août 2019 par les rebelles Houthis au Yémen, soutenus par l’Iran, du Borkan-3, un « missile balistique à propulsion liquide, d’une portée d’environ 1300 kilomètres ».

Les trois puissances évoquent aussi le lancement, le 24 juillet 2019, d’un missile balistique qui aurait parcouru plus de 1000 kilomètres et qui pourrait être « un missile Shahab-3 de moyenne portée ».

« L’Iran poursuit sa prolifération de la technologie des missiles balistiques dans la région » en violation de la résolution du Conseil de sécurité, résument les trois pays européens.