Israël admet avoir fait des victimes civiles «inattendues»

Une opération ciblée mortelle menée par Israël mardi matin contre un haut commandant du Djihad islamique à Gaza a déclenché des tirs de représailles avec le lancement de plus de 450 roquettes vers Israël.
Photo: Bashar Taleb Agence France-Presse Une opération ciblée mortelle menée par Israël mardi matin contre un haut commandant du Djihad islamique à Gaza a déclenché des tirs de représailles avec le lancement de plus de 450 roquettes vers Israël.

L’armée israélienne a reconnu vendredi des victimes civiles « inattendues » dans une de ses frappes visant plus tôt cette semaine le Djihad islamique à Gaza, où un accord de cessez-le-feu demeure fragile après des affrontements ayant fait une trentaine de morts palestiniens.

Signe de la précarité de cet accord, Israël a frappé dans la nuit de jeudi à vendredi des cibles du groupe armé Djihad islamique dans la bande de Gaza après des tirs de roquettes sur Israël défiant l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis jeudi matin. Or, peu avant son entrée en vigueur, les forces israéliennes avaient bombardé les habitations de la famille Abou Malhous à Deir al-Balah, dans le sud de la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants et sous blocus israélien. La frappe avait tué Rasmi Abou Malhous, présenté par les forces israéliennes comme un « commandant » du Djihad islamique, mais par ce mouvement comme un simple « membre affilié », ainsi que ses deux épouses et cinq enfants.

« Selon les informations dont l’armée disposait lors de la frappe, il n’était pas prévu que celle-ci fasse des victimes civiles », a indiqué vendredi l’armée dans une déclaration transmise à l’AFP, à propos de la frappe de Deir al-Balah.

Les violences ont débuté mardi matin après une opération ciblée mortelle menée par Israël contre un haut commandant du Djihad islamique, mouvement jugé par Israël moins puissant mais plus radical que le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza.

Le commandant Baha Abou al-Ata était considéré comme le cerveau de nombreuses opérations anti-israéliennes ces derniers mois selon les services israéliens. À la suite de son décès, le Djihad islamique a lancé au total plus de 450 roquettes, faisant des blessés mais pas de mort, vers Israël qui a répliqué avec une série de frappes ayant fait au total 34 morts, dont la famille Abou Malhous, et plus d’une centaine de blessés dans la bande de Gaza.

Mais jeudi, sept roquettes ont été tirées vers Israël, qui a répliqué tôt vendredi par des frappes contre des « cibles » du Djihad islamique dans la bande de Gaza. L’armée a dénoncé « la violation du cessez-le-feu et les roquettes lancées contre Israël » pour justifier ces frappes nocturnes.