Accord russo-turc sur un contrôle de la frontière syrienne et un retrait kurde

Après six heures de négociations à Sotchi, Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine en sont venus à un accord.
Photo: Alexey Druzhinin Sputnik / Agence France-Presse Après six heures de négociations à Sotchi, Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine en sont venus à un accord.

Les présidents russe et turc se sont accordés mardi sur un retrait des forces kurdes du nord-est de la Syrie, prenant le contrôle en commun de la majeure partie de cette zone en proie à un conflit croissant entre Ankara et combattants kurdes.

Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine ont décidé dans un premier temps de déployer des patrouilles militaires russes et syriennes dans les secteurs de la bande frontalière bordant la zone où l’armée turque a déclenché début octobre une opération militaire.

Ces patrouilles auront pour objectif de « faciliter » le retrait des forces kurdes YPG et leur désarmement dans une zone « profonde de 30 km » le long de la frontière syro-turque. Puis, « 150 heures » plus tard, des patrouilles communes, cette fois russo-turques, évolueront dans la zone.

La Turquie gardera néanmoins la haute main sur la zone située entre la ville de Tal Abyad, qu’elle a prise au début de l’offensive, et celle de Ras al-Aïn, dont les derniers combattants kurdes se sont retirés dimanche.

Redur Khalil, l’un des commandants des Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les combattants kurdes) a pour sa part assuré que le retrait de « tous nos combattants et de forces sécuritaires de la zone d’opérations militaires allant de Ras al-Aïn à Tal Abyad » avait été achevé.

De facto, la Turquie et la Russie contrôleront ainsi la majeure partie de la frontière turco-syrienne. « Avec M. Poutine, nous avons conclu un accord historique », a avancé le président turc.

« Ces décisions sont selon moi très importantes, voire décisives », a de son côté dit son homologue russe.

Dans un appel téléphonique passé à Vladimir Poutine, le président syrien, Bachar al-Assad, a pour sa part estimé que « ceux qui ont des desseins séparatistes étaient responsables des événements qui se sont produits », faisant allusion aux Kurdes, a annoncé mardi l’agence de presse officielle syrienne SANA.

Dans le mémorandum signé mardi à Sotchi, MM. Poutine et Erdogan se sont par ailleurs entendus pour faciliter le retour « volontaire » en Syrie de réfugiés, la Turquie disant vouloir que deux millions d’entre eux retournent en Syrie.

L’offensive turque a été rendue possible par le retrait militaire des États-Unis du nord et de l’est de la Syrie, une décision-surprise et décriée du président américain, accusé d’abandonner ses alliés. Donald Trump a annoncé qu’il ne restait désormais qu’un « petit » nombre de soldats américains pour sécuriser les champs pétroliers syriens.

Ces forces américaines seront « temporairement » positionnées en Irak avant de rentrer aux États-Unis, a indiqué le ministre américain de la Défense, Mark Esper, à la chaîne CNN.