L’assaut final est lancé contre le groupe EI

Des combattants des Forces démocratiques syriennes dans un campement de fortune du groupe EI, à Baghouz, samedi
Photo: Dylan Collins Agence France-Presse Des combattants des Forces démocratiques syriennes dans un campement de fortune du groupe EI, à Baghouz, samedi

L’assaut décisif contre l’ultime poche du groupe État islamique (EI) en Syrie a repris, le délai donné à l’organisation ultraradicale pour la « reddition » de ses combattants ayant expiré, ont annoncé dimanche les forces antidjihadistes soutenues par une coalition internationale pilotée par les États-Unis.

« Nos forces ont reçu l’ordre […] d’asséner le coup de grâce aux djihadistes encore à Baghouz », a prévenu le porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mustafa Bali. Le groupe militaire combat les derniers djihadistes désormais retranchés dans un campement de fortune dans le village de Baghouz, aux confins orientaux de la Syrie.

Les FDS avaient dû suspendre à nouveau, la semaine dernière, leur offensive pour permettre l’évacuation de dizaines de milliers de personnes de Baghouz, dont des combattants djihadistes et leurs familles. « Nous n’avons observé aucun mouvement de civils à l’intérieur [du réduit], les FDS ont donc repris les opérations militaires contre le groupe [EI] », a déclaré dimanche soir à l’AFP Adnane Afrine, un autre porte-parole des Forces.

Près de 60 000 personnes ont été évacuées de l’ultime poche djihadiste depuis décembre, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Et la bataille finale des forces antidjihadistes pour donner le coup de grâce au « califat » proclamé il y a près de cinq ans par le groupe EI, plusieurs fois retardée.

Si les combats au sol ont pratiquement cessé au cours de la semaine écoulée, les frappes aériennes ciblées se sont poursuivies par intermittence sur l’ultime bastion des djihadistes, situé dans la province de Deir Ezzor.

Évacuations

Mustafa Bali, des FDS, a par ailleurs précisé que le corridor humanitaire emprunté par les dizaines de milliers de civils évacués ces dernières semaines « restera ouvert ». Parmi les 59 000 personnes qui ont déjà quitté cette zone depuis décembre, plus de 6000 djihadistes présumés ont été arrêtés, selon l’OSDH.

Mais ces 48 dernières heures, le rythme des évacuations s’est considérablement ralenti. « Hier [samedi], près de cent personnes ont quitté » la poche du groupe EI, a indiqué M. Bali à l’AFP. Aucune évacuation n’a eu lieu vendredi, a-t-il ajouté. Et les FDS n’ont toujours pas fait état de départ de civils dimanche.

Le groupe État islamique empêcherait les derniers habitants de partir, selon M. Bali, qui affirme que les FDS ont dépêché des camions aux abords du réduit djihadiste, espérant de nouvelles évacuations.

L’exode de civils la semaine dernière a surpris les FDS, indiquant la présence possible d’un nombre encore non négligeable de personnes retenues à l’intérieur de ce réduit désertique, au bord du fleuve Euphrate.

Selon l’analyste Mutlu Civiroglu, le groupe EI joue la montre. Les djihadistes « décident du nombre de personnes qui vont partir », explique-t-il. « Ils sont probablement en train de préparer quelque chose, mais on ignore encore ce que c’est. »

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la proclamation d’un « califat » sur de larges pans de territoire à cheval entre la Syrie et l’Irak, le groupe EI est désormais sur le point d’être rayé de la carte.

La défaite de l’organisation ultraradicale à Baghouz signerait la fin territoriale de son califat, mais le groupe a déjà entamé sa mue en organisation clandestine.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie a fait plus de 360 000 morts et déplacé plusieurs millions de personnes.