La frontière de la Pologne et de la Biélorussie interdite d’accès à l’ONU

Des migrants, du côté biélorusse de la frontière avec la Pologne, en novembre dernier. Les pays occidentaux accusent la Biélorussie d’avoir orchestré l’afflux aux frontières de l’UE de milliers de migrants depuis l’été.
Photo: Maxim Guchek/BelTA via AP Des migrants, du côté biélorusse de la frontière avec la Pologne, en novembre dernier. Les pays occidentaux accusent la Biélorussie d’avoir orchestré l’afflux aux frontières de l’UE de milliers de migrants depuis l’été.

L’ONU s’est plainte mardi que la Pologne et la Biélorussie lui aient refusé l’accès à la zone frontalière entre les deux pays, où l’organisation entendait enquêter sur la crise migratoire.

Lors d’un point de presse régulier des agences humanitaires, une porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, Liz Throssell, a expliqué que son équipe avait pu se rendre en Pologne, mais « sans avoir eu l’autorisation d’accéder à la zone frontalière », tandis que la Biélorussie avait bloqué l’accès à l’ensemble de son territoire.

« Nous demandons instamment aux autorités des deux pays d’autoriser l’accès aux zones frontalières aux représentants des organismes humanitaires et voués aux droits de la personne, aux journalistes, aux avocats ainsi qu’aux représentants de la société civile », a-t-elle ajouté.

Le Haut-Commissariat appelle également la Biélorussie et la Pologne à « remédier d’urgence » à « la situation désespérée dans laquelle se trouvent les migrants et les réfugiés » à leur frontière.

Du 29 novembre au 3 décembre, une équipe du Haut-Commissariat a séjourné en Pologne. Bien que n’ayant pas été autorisée à se rendre dans la zone frontalière, elle a rencontré des représentants du gouvernement et de la société civile et a eu des entretiens avec 31 migrants arrivés entre août et novembre.

« Les personnes interrogées ont décrit des conditions désastreuses des deux côtés de la frontière, avec un accès nul ou limité à la nourriture, à l’eau potable et à des abris », a affirmé Mme Throssell.

« La majorité d’entre elles ont déclaré avoir été battues ou menacées par les forces de sécurité lorsqu’elles se trouvaient en Biélorussie. Elles ont également affirmé que les forces de sécurité biélorusses les avaient forcées à traverser la frontière, en leur disant quand et où traverser, et les avaient empêchées de revenir à Minsk », a-t-elle ajouté.

Le Haut-Commissariat demande à la Biélorussie d’enquêter sur ces allégations et de mettre « immédiatement terme à ces pratiques ». Il appelle par ailleurs la Pologne à cesser de renvoyer les migrants du côté biélorusse sans une étude individuelle de leur cas et à ne pas placer systématiquement en détention ceux qui ne sont pas renvoyés.

« La détention doit être une mesure exceptionnelle de dernier recours, et ne doit être utilisée que pour une période limitée, voire pas du tout », a indiqué la porte-parole.

« Nous rappelons également à l’UE et à ses États membres leur obligation de faire respecter les droits de la personne aux frontières extérieures de l’UE », a-t-elle ajouté.

Les pays occidentaux accusent la Biélorussie d’avoir orchestré l’afflux aux frontières de l’UE de milliers de migrants depuis l’été afin de se venger des sanctions imposées après les élections contestées de 2020. Minsk a rejeté ces accusations et a reproché à Varsovie de refouler violemment les migrants ayant réussi à passer la frontière.

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