Ruée sur les vaccins en France après les annonces de Macron

Le record de vaccination quotidienne a été battu mardi avec 792 339 injections comptabilisées en fin d’après-midi, a annoncé le premier ministre, Jean Castex.
Photo: Martin Bureau Agence France-Presse Le record de vaccination quotidienne a été battu mardi avec 792 339 injections comptabilisées en fin d’après-midi, a annoncé le premier ministre, Jean Castex.

Près d’un million de Français se sont rués sur les rendez-vous pour se faire vacciner contre la COVID-19 après les annonces lundi soir du président Emmanuel Macron, favorablement accueillies, et qui rendent de facto la vaccination nécessaire pour continuer à avoir une vie sociale normale.

Le record de vaccination quotidienne a, du reste, été battu mardi avec 792 339 injections comptabilisées en fin d’après-midi, a annoncé le premier ministre, Jean Castex.

Le site de réservation Doctolib a fait état plus tôt dans la journée de « 926 000 Français qui ont pris un rendez-vous de vaccination » lundi soir.

Aller au restaurant, dans un café, au cinéma ou au théâtre, prendre un train pour aller voir sa famille à l’autre bout de la France, monter dans l’avion : pour tous ces gestes relativement banals, les Français devront bientôt présenter un passeport sanitaire attestant qu’ils sont vaccinés ou un test négatif. La semaine prochaine pour les lieux de culture, début août pour les restaurants et les transports.

Face à la progression du variant Delta, le gouvernement a sorti les grands moyens pour accroître la couverture vaccinale. Dimanche, 66 % des plus de 18 ans avaient reçu au moins une dose de vaccin et 51 % étaient entièrement vaccinés.

« La vaccination n’est pas tout de suite obligatoire pour tout le monde, mais nous allons étendre au maximum le passe sanitaire pour pousser le maximum d’entre vous à aller vous faire vacciner », a déclaré lundi le président français.

L’extension du passeport sanitaire, mais aussi la vaccination obligatoire pour certaines professions, autre mesure phare annoncée lundi, est approuvée par une majorité de Français, selon un sondage publié mardi.

Ces mesures recueillent aussi un large assentiment au sein de la classe politique, à l’exception de l’extrême droite (Rassemblement national, RN) et l’extrême gauche (La France insoumise, LFI) qui les dénoncent.

« Les décisions de #Macron sentent l’abus de pouvoir et la discrimination sociale. Exemple : le #PassSanitaire obligatoire sera vérifié par des policiers non vaccinés. Bienvenue en absurdie », a ainsi tweeté le chef de file de la LFI, Jean-Luc Mélenchon, tandis que la patronne du RN, Marine Le Pen, a critiqué un « recul grave des libertés individuelles ».

Sur les réseaux sociaux, certains dénonçaient aussi une atteinte aux libertés, notamment au sujet de l’obligation vaccinale pour les soignants et les personnes côtoyant des personnes vulnérables.

Souplesse pour les adolescents

Le gouvernement a par ailleurs annoncé qu’il allait intensifier ses efforts pour aller au plus près des personnes âgées non vaccinées et leur proposer l’injection, dans le cadre du dispositif « aller vers » qui s’appuie notamment sur les associations et les centres d’action sociale.

Le conseil scientifique, qui guide l’exécutif dans sa gestion de la crise, s’est en effet dit préoccupé par le niveau de vaccination des « plus de 60 ans et des personnes à risque entre 40 et 60 ans ».

« Il reste 20 % de personnes âgées non vaccinées, des segments entiers d’adultes non vaccinés y compris des vulnérables, qui constituent un réservoir très important pour une très grosse vague », avait averti mi-juin l’épidémiologiste Antoine Flahault.

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a, lui, appelé à ce qu’une certaine souplesse soit de mise pour les adolescents qui sont encore peu vaccinés (car ils n’y ont droit que depuis fin juin), mais qui seront soumis à partir de 12 ans au passeport sanitaire.

Outre les adolescents, les touristes européens qui avaient prévu de venir en France risquent de subir des complications s’ils ne sont pas encore vaccinés. Ils peuvent accéder au territoire sur présentation d’un test PCR, mais devront en produire régulièrement pour aller au restaurant par exemple.

La France a, par ailleurs, décidé mardi de classer la Tunisie sur sa liste rouge, en raison de la dégradation sanitaire, ce qui signifie que les non-vaccinés ne pourront s’y rendre ou en revenir sans motif impérieux. Elle va aussi fournir à la Tunisie dans les semaines à venir plus d’un million de doses de vaccin.

Les autorités vont aussi prolonger du 30 septembre au 31 décembre le régime transitoire d’état d’urgence sanitaire qui permet notamment d’ordonner confinements et autres mesures de restrictions (circulation des personnes, accès aux établissements recevant du public…) sur le plan local. Un projet de loi en ce sens sera présenté en Conseil des ministres le 19 juillet.

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