Des résultats qui se font attendre en Écosse

Les bureaux ont fermé à 21 h GMT, marquant le coup d’envoi du dépouillement qui s’annonce toutefois long en raison des restrictions liées à la pandémie.
Photo: Owen Humphreys/PA via AP Les bureaux ont fermé à 21 h GMT, marquant le coup d’envoi du dépouillement qui s’annonce toutefois long en raison des restrictions liées à la pandémie.

Les Britanniques ont voté jeudi pour des élections locales cruciales pour le premier ministre Boris Johnson et l’avenir de l’Écosse, où les indépendantistes espèrent une victoire nette préparant la voie à un nouveau référendum d’autodétermination.

Les bureaux ont fermé à 21 h GMT, marquant le coup d’envoi du dépouillement qui s’annonce toutefois long en raison des restrictions liées à la pandémie. Les résultats ne sont attendus que très progressivement vendredi et tout au long du week-end.

Organisé jeudi en Angleterre, en Écosse et au pays de Galles, un an après son report en raison de crise sanitaire, ce scrutin était qualifié de « Super Thursday » (« Super jeudi »), car le plus important sur la scène locale depuis 1973.

Potentiellement déterminant pour l’avenir du Royaume-Uni selon le score que réaliseront les indépendantistes écossais, il constituait aussi le premier test électoral pour Boris Johnson depuis sa victoire écrasante aux législatives de 2019 avec la promesse de réaliser le Brexit, désormais en vigueur.

« C’est un très grand jour », a déclaré jeudi le dirigeant dans une vidéo publiée sur Twitter, appelant les Britanniques à voter pour son Parti conservateur face à l’opposition qui ne fait que « jouer à des jeux politiques », selon lui.

Basculement conservateur

Très tôt vendredi matin, les premiers résultats attendus, parmi les plus scrutés, sont ceux de Hartlepool. Ce bastion travailliste et très pro-Brexit du nord-est de l’Angleterre pourrait basculer dans le camp conservateur, avec l’élection d’un nouveau député, après la démission de l’élu sortant, accusé de harcèlement sexuel.

Ce serait un nouveau camouflet pour le Labour, après la prise par les tories en 2019 du « mur rouge » travailliste, ces régions touchées par la désindustrialisation du nord de l’Angleterre. Et un échec pour le chef de la formation d’opposition, Keir Starmer : le parti se frottait aux urnes pour la première fois depuis qu’il en a pris la tête en avril 2020 à la suite d’une déroute historique aux législatives.

« Quels que soient les résultats, j’en assumerai la responsabilité », avait-il déclaré mercredi.

Fort du succès de la campagne de vaccination contre le coronavirus, Boris Johnson se maintient dans les sondages malgré plusieurs scandales, dont celui du financement de la rénovation de son appartement de fonction, et un bilan de la pandémie très lourd — plus de 127 500 morts.

« Sur le fil du rasoir »

Pour l’Écosse, il faudra attendre samedi soir au moins pour connaître la répartition des sièges dans le Parlement local renouvelé.

Si les indépendantistes au pouvoir décrochent une majorité, la première ministre Nicola Sturgeon, à la tête du Parti national écossais (SNP), compte bien faire pression sur le gouvernement de Londres pour pouvoir organiser un nouveau référendum d’indépendance.

Mais Boris Johnson s’y oppose fermement, soulignant que les Écossais ont déjà choisi à 55 % en 2014 de rester au sein du Royaume-Uni. « Ce n’est pas le moment de tenir un référendum […] irresponsable », a-t-il estimé mercredi.

Les partisans d’un nouveau référendum soulignent que le Brexit, auquel les Écossais étaient opposés à 62 %, a changé la donne.

Après des mois de sondages promettant une envolée du SNP et une majorité en faveur de l’indépendance, le parti pourrait toutefois déchanter, des enquêtes plus récentes se montrant moins optimistes.

55%
C’est le pourcentage de d’Écossais qui avaient choisi de rester au sein du Royaume-Uni lors du dernier scrutin en 2014.

« Ça se joue vraiment sur le fil du rasoir », a reconnu sur Twitter Nicola Sturgeon, dont le parti pourrait être contraint de gouverner en coalition.

Certains craignent les effets dévastateurs durables de la pandémie pour l’économie écossaise, comme Alec Telfer, 64 ans, président de l’association d’éleveurs de moutons Blackface, déjà touché financièrement par le Brexit. « Nous avons besoin de force dans l’unité et commencer à avoir de nouvelles frontières […], ce serait de la folie », a-t-il dit à l’AFP.

Reportées d’un an à cause de la pandémie, ces élections devaient permettre à 48 millions d’électeurs de renouveler quelque 5000 sièges dans 143 assemblées locales en Angleterre, treize maires, dont celui de la capitale Londres ainsi que les parlements gallois et écossais.

À Londres, cinq ans après être devenu le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale, le travailliste Sadiq Khan est donné gagnant pour un second mandat face au conservateur Shaun Bailey.

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