Le Royaume-Uni franchit la sombre barre des 100 000 morts

Les rues de la capitale anglaise, près du pont de Londres, étaient pratiquement vides mardi soir, en plein couvre-feu.
Photo: Dominic Lipinski / PA via AP Les rues de la capitale anglaise, près du pont de Londres, étaient pratiquement vides mardi soir, en plein couvre-feu.

Le Royaume-Uni est devenu mardi le premier pays en Europe à dépasser les 100 000 morts des suites du nouveau coronavirus, au moment où restrictions et confinements destinés à enrayer la pandémie sont de plus en plus contestés dans le monde, parfois avec violence.

Selon les autorités sanitaires britanniques, 1631 décès supplémentaires ont été enregistrés mardi, portant le total à 100 162 morts.

« Je suis profondément désolé pour chaque vie perdue et bien sûr, en tant que premier ministre, j’assume la pleine responsabilité de tout ce que le gouvernement a fait », a déclaré Boris Johnson.

Le pays, actuellement reconfiné, en est à sa troisième vague de la pandémie, beaucoup plus virulente en raison d’un variant considéré comme bien plus contagieux, potentiellement plus mortel, et qui a déjà essaimé un peu partout sur la planète.

Depuis son apparition fin 2019 en Chine, la COVID-19 a officiellement contaminé plus de 100 millions de personnes dans le monde et en a tué au moins 2,1 millions, selon un bilan établi mardi par l’AFP.

Taches aux mains et aux pieds

Selon une nouvelle étude présentée mardi, des lésions sur la langue ainsi que des taches sur les mains et les pieds pourraient être d’autres symptômes de la COVID-19.

Seul espoir à l’horizon, la vaccination progresse de façon inégale d’un pays à l’autre : si le président Joe Biden prédit grâce à elle une immunité collective des Américains d’ici l’été, dans bien d’autres nations elle marque le pas, faute de doses, ou a à peine commencé, faute de moyens.

La pandémie, qui limite les libertés et éprouve depuis un an la patience des populations, va amputer le produit intérieur brut mondial de 22 000 milliards de dollars entre 2020 et 2025, a estimé mardi le Fonds monétaire international (FMI).

Aux Pays-Bas, pour une troisième nuit consécutive, les opposants au couvre-feu ont organisé lundi soir des manifestations qui ont dégénéré en de spectaculaires violences.

À Amsterdam, à Rotterdam et à La Haye, mais aussi dans d’autres localités, le couvre-feu imposé ce week-end pour la première fois dans le pays depuis la Seconde Guerre mondiale a donné lieu à de violentes émeutes, à des affrontements avec les forces de l’ordre et à des actes de vandalisme contre des commerces.

Au moins 184 personnes ont été arrêtées et 10 policiers ont été blessés, dans les « pires émeutes en quarante ans » selon le premier ministre, Mark Rutte.

« Vous ne capitulez pas devant les gens qui cassent les vitrines des magasins », a lancé mardi le ministre néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra, pour qui « c’est la racaille qui fait cela ».

En Grèce, la police a annoncé mardi que tous les rassemblements seraient interdits pendant une semaine pour des raisons de « santé publique », alors qu’une manifestation étudiante est prévue jeudi et une autre de l’extrême gauche vendredi.

En Israël, après de premiers heurts lundi, des violences ont à nouveau éclaté mardi entre policiers et juifs ultraorthodoxes opposés aux mesures sanitaires, à Jérusalem, dans le quartier orthodoxe de Mea Sharim.

À travers le monde, les restrictions se maintiennent ou se durcissent, alors que la vaccination a débuté il y a un mois : plus de 63,5 millions de doses ont été administrées dans au moins 68 pays ou territoires, selon un comptage de l’AFP.

Mais le fossé vaccinal entre riches et pauvres se creuse, a dit l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a besoin de 26 milliards de dollars américains pour son dispositif accélérant l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a appelé mardi à une répartition « équitable » des vaccins dans le monde, alors qu’une concurrence accrue émerge entre pays du fait d’une offre encore réduite des laboratoires pharmaceutiques.

Tandis que l’apparition et la propagation de variants du coronavirus, réputés plus contagieux et peut-être plus létaux, ont aiguisé encore davantage l’enjeu de la vaccination, les campagnes se heurtent à des retards de livraison qui font enrager en Europe.

Bénéficiaires d’investissements massifs de l’UE, les fabricants de vaccins contre la COVID « doivent maintenant tenir leurs promesses et honorer leurs obligations », a averti mardi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

« L’Europe a investi des milliards pour développer les premiers vaccins et créer un véritable bien commun mondial. Maintenant, les entreprises doivent tenir leurs promesses », a-t-elle lancé par vidéo devant le Forum économique mondial de Davos.

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