Nicola Sturgeon n’a «jamais été aussi certaine» de réaliser l’indépendance de l’Écosse

Les demandes pour une Écosse indépendante, cheval de bataille de Nicola Sturgeon, reviennent en force après la gestion très critiquée de l’épidémie de coronavirus par Londres.
Photo: Andy Buchanan Pool via Agence France-Presse Les demandes pour une Écosse indépendante, cheval de bataille de Nicola Sturgeon, reviennent en force après la gestion très critiquée de l’épidémie de coronavirus par Londres.

La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a affirmé samedi qu’elle n’a « jamais été aussi certaine » que la province britannique allait obtenir son indépendance, au moment où le Brexit s’apprête à devenir réalité au 1er janvier.

« L’Écosse est désormais une nation sur le point d’entrer dans l’histoire. L’indépendance est clairement en vue : avec un objectif commun, de l’humilité et beaucoup de travail, je n’ai jamais été aussi certaine que nous la réaliserons », a déclaré Mme Sturgeon à l’ouverture du congrès — virtuel à cause du coronavirus — du Parti indépendantiste écossais (SNP), qu’elle dirige.

Même si « notre objectif principal doit rester l’élimination de la COVID-19 de notre territoire, l’Écosse doit se tenir prête pour ce qui vient après », a-t-elle ajouté depuis son domicile à Glasgow.

Les velléités d’indépendance reviennent en force après la gestion très critiquée de l’épidémie de coronavirus par Londres.

C’est désormais une « opinion soutenue et majoritaire dans l’opinion publique », selon la dirigeante indépendantiste, qu’un sondage réalisé début octobre par Ipsos Mori créditait d’un « très fort » soutien du public, satisfait à 72 % de sa gestion de la pandémie.

Sa formation apparaît donc en position de force à l’approche des élections locales de mai prochain. Le SNP pourrait rafler de nombreux sièges au parlement décentralisé d’Holyrood, chargé de prendre ses propres décisions en matière d’éducation, de santé et de transport.

Mme Sturgeon avait promis en septembre de fixer avant ce scrutin les termes et la date d’un second référendum sur l’indépendance de la province britannique, malgré le refus de Londres.

Un tel scrutin a déjà été organisé en 2014 et les Écossais ont voté à 55 % pour rester au sein du Royaume-Uni. Depuis, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a exclu à plusieurs reprises de permettre à l’Écosse d’organiser un nouveau référendum, arguant qu’il s’agissait d’un vote qui arrivait « une fois par génération ».

Mais Nicola Sturgeon fait valoir que le Brexit a changé la donne pour les Écossais. La province britannique a en effet massivement voté en 2016 contre la sortie de l’Union européenne.

Entré officiellement en vigueur le 31 janvier dernier, le Brexit va devenir réalité au 1er janvier, à l’issue de la période de transition. Alors que l’échéance approche, Londres et Bruxelles poursuivent leurs négociations pour tenter de conclure un accord de libre-échange malgré de persistantes divergences.

« Le peuple écossais a le droit de choisir son avenir, a déclaré la première ministre écossaise. La question qui se pose à tous pour les élections de mai est la suivante : qui devrait prendre les décisions qui façonnent notre avenir ? »

Elle a enjoint à ses troupes de « démontrer avec sang-froid et patience que l’Écosse est prête à prendre sa place dans la grande famille des nations indépendantes ».

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