La France se reconfine jusqu’au 1er décembre pour tenter de freiner la COVID-19

La France va connaître à partir de vendredi une nouvelle période de confinement pour endiguer la deuxième vague de COVID-19, au moins jusqu’au 1er décembre, a annoncé mercredi le président Emmanuel Macron, précisant que les écoles resteront toutefois ouvertes.

« J’ai décidé qu’il fallait retrouver à partir de vendredi, le confinement qui a stoppé le virus. Tout le territoire national est concerné », a déclaré le chef de l’État lors d’une allocution télévisée.

« Les commerces qui ont été définis au printemps comme non essentiels, notamment les bars et restaurants seront fermés », a-t-il notamment indiqué.

La crainte des autorités françaises est la saturation des services de réanimation, où plus de la moitié des 5800 lits disponibles sont déjà occupés. L’épidémie a fait plus de 35 000 morts dans le pays et a atteint un record de plus de 50 000 contaminations quotidiennes dimanche.

220 000
C’est le nombre moyen de de nouvelles contaminations quotidiennes qu’on a compté en Europe ces sept derniers jours.

L’Allemagne espère sauver Noël

L’Allemagne envisage elle aussi de nouvelles mesures drastiques, avec fermeture pour un mois des bars, restaurants et installations sportives et culturelles, selon des propositions du gouvernement d’Angela Merkel qui doivent être discutées mercredi avec les régions.

Face à une « dynamique exponentielle » des nouvelles infections et une « situation très grave », ces restrictions entreraient en vigueur le 4 novembre, selon un projet d’accord entre la chancellerie allemande et les dirigeants régionaux consulté par l’AFP.

Avec environ 11 000 morts, l’Allemagne s’en sort — comme au printemps — toujours nettement mieux que d’autres pays européens, mais le ministre conservateur de l’Économie, Peter Altmaier, craint que les infections grimpent à 20 000 par jour « dès la fin de cette semaine ».

« L’espoir est d’avoir la situation en main d’ici Noël » et d’éviter un reconfinement total de plusieurs semaines, souligne une source proche du gouvernement à Berlin, et ce, alors que la plupart des marchés de Noël, si chers aux Allemands, ont été annulés en raison de la pandémie.

Les autres États de l’UE sont sur une trajectoire identique, comme la République tchèque où un couvre-feu de 21 h à 5 h est entré en vigueur mercredi jusqu’au 3 novembre.

L’Italie a déjà imposé ces derniers jours un couvre-feu dans plusieurs grandes régions, la fermeture des bars et des restaurants à 18 h, ainsi que celle des salles de sport, de cinéma et de concert, provoquant colère et révolte.

En Espagne, exsangues après avoir lutté contre le coronavirus pendant plus de six mois, la grande majorité des médecins du service public ont entamé mardi une grève nationale, la première en 25 ans, pour réclamer plus de reconnaissance.

Ailleurs dans le monde

La pandémie a fait au moins 1 168 750 morts dans le monde, selon un bilan établi par l’AFP mercredi à partir de sources officielles. Plus de 44 056 470 cas d’infections ont été officiellement diagnostiqués.

L’Iran a de son côté enregistré la mort de 415 personnes en 24 heures, dépassant le record déjà atteint la veille dans le pays le plus touché par la pandémie au Moyen-Orient.

Les États-Unis restent cependant le pays le plus touché, déplorant plus de 225 000 morts sur près de neuf millions de cas. Mais à une semaine de l’élection présidentielle, le président sortant Donald Trump s’est dit mardi excédé de voir la campagne dominée par la pandémie, dont son adversaire Joe Biden a fait son principal atout en dénonçant la gestion du président. « COVID, COVID, COVID ! Les médias “fake news” n’ont que ce mot à la bouche », a lancé le milliardaire républicain lors d’un rassemblement partisan à West Salem, dans le Wisconsin.

À l’inverse du reste du monde, un immense sentiment de soulagement dominait mercredi chez les commerçants de Melbourne, dans le sud de l’Australie, qui ont finalement pu rouvrir leurs boutiques et restaurants après plus de trois mois de fermeture. Depuis deux semaines, le nombre quotidien de nouveaux cas dans la métropole n’est que de trois.

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