Devant la deuxième vague, l’Europe donne un tour de vis pour «sauver Noël»

Le premier ministre italien, Giuseppe Conte, a décidé de fermer les restaurants et les bars à partir de 18h.
Photo: Tiziana Fabi Agence France-Presse Le premier ministre italien, Giuseppe Conte, a décidé de fermer les restaurants et les bars à partir de 18h.

Devant la résurgence de la pandémie, par endroits impossible à maîtriser, les pays européens imposent des mesures de plus en plus strictes et envisagent le recours à de nouveaux confinements.

Répondant aux déclarations du chef de cabinet du président américain, Donald Trump, qui a laissé entendre dimanche que les États-Unis renonçaient à tenter de juguler la maladie et pariaient plutôt sur des médicaments et des vaccins, le patron de l’OMS a estimé « dangereux de renoncer à maîtriser » la pandémie.

« Nous ne devons pas baisser les bras, et c’est pour cela que nous disons que, si nous sommes d’accord avec le chef de cabinet sur le fait que protéger les plus vulnérables est important, renoncer à prendre le contrôle [de la pandémie] est dangereux », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.

En Italie, de nouvelles mesures introduites en réponse à la progression de l’épidémie de COVID-19 pour « sauver Noël » ont été accueillies avec colère.

La décision du premier ministre italien, Giuseppe Conte, de fermer les restaurants et les bars à partir de 18 h et tous les théâtres, cinémas et salles de sport pendant un mois a été qualifiée d’« aveu d’échec » par ses détracteurs et a poussé les scientifiques à se demander si cela suffirait à endiguer la propagation du virus.

À Rome, le Vatican a fait savoir que le pape François officierait sans fidèles pour les messes de l’avent et de Noël, comme il l’a fait à Pâques, selon l’agence spécialisée Catholic News Agency.

La maladie continue à s’étendre à travers l’Europe, et l’Espagne a imposé un nouvel état d’urgence ainsi que des couvre-feux. La Catalogne (nord-est) réfléchit même à un confinement de la population à domicile le week-end, et la région voisine d’Aragon a décidé de boucler son territoire.

En France, où un nouveau record quotidien avec plus de 52 000 cas supplémentaires de COVID-19 a été enregistré dimanche, la perspective d’un nouveau confinement prend corps.

Une deuxième vague « brutale » pourrait même être « plus forte que la première », a déclaré Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique qui guide le gouvernement.

Le nombre des nouveaux cas positifs est retombé à plus de 26 000 lundi, mais plus de 2700 malades du COVID-19 sont désormais hospitalisés en réanimation, 357 nouveaux cas graves ayant été admis dans ces services au cours des dernières 24 heures, un chiffre qui n’avait plus été atteint depuis avril.

En Allemagne, le marché de Noël mondialement connu de Nuremberg, qui attire quelque deux millions de visiteurs, a été annulé cette année.

Le gouvernement slovène a pour sa part annoncé le durcissement à partir de mardi du confinement partiel en vigueur et renforcé les contrôles aux frontières.

En Norvège, de nouvelles restrictions vont entrer en vigueur à Oslo, où le port obligatoire du masque de protection est notamment étendu. Les bars de la capitale, déjà contraints d’arrêter de servir à minuit, ne pourront en outre plus accepter de nouveaux clients après 22 h.

Et en Belgique, où le nombre des contaminations a triplé en cinq semaines, passant à 321 031 cas, les vacances scolaires de la Toussaint ont été prolongées et les écoles contraintes de s’adapter à la forte progression du virus pour ne pas risquer d’aggraver une situation déjà « dramatique » dans les structures de soins.

La pandémie a fait au moins 1,15 million de morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi lundi par l’AFP à partir de sources officielles. Près de 43,1 millions de cas ont été officiellement diagnostiqués.

Les États-Unis sont le pays le plus endeuillé avec 225 239 morts, suivis par le Brésil (157 134), l’Inde (119 014), le Mexique (88 924) et le Royaume-Uni (44 896).

Certains voient toutefois le bout du tunnel : Melbourne, la deuxième ville d’Australie, devrait ainsi sortir de son confinement cette semaine après environ quatre mois de restrictions qui ont coûté très cher.

Colère et confusion

En revanche, les États-Unis ont connu un nombre record de nouveaux cas de COVID-19 ce week-end, le candidat démocrate à la présidence, Joe Biden, accusant le gouvernement du président Trump d’agiter « le drapeau blanc de la défaite » après avoir admis qu’il « n’allait pas maîtriser la pandémie ».

L’Union européenne a décidé pour sa part de réduire les réunions physiques de responsables et d’experts, au profit des visioconférences, en raison de l’augmentation du nombre des contaminations à Bruxelles.

Au pays de Galles, les restrictions ont provoqué colère et confusion. Pas le droit d’acheter de livres ni de vêtements pour bébés, même dans les magasins ouverts : confinés depuis vendredi et limités aux achats de produits « essentiels », plus de 65 000 Gallois avaient signé lundi une pétition exigeant l’abandon de ces règles jugées disproportionnées ».

Sur le front du vaccin, le laboratoire pharmaceutique britannique AstraZeneca a annoncé que sa formule en cours de mise au point entraînait une réponse immunitaire encourageante de la part des jeunes adultes et des personnes âgées.

« Il est encourageant de voir des réponses immunitaires similaires entre les personnes âgées et les jeunes adultes », a souligné un porte-parole du laboratoire qui travaille sur le vaccin avec l’université d’Oxford.

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