Deux blessés dans une attaque près des anciens locaux de «Charlie Hebdo»

Les autorités ont pu déterminer qu’il n’y avait qu’un suspect, après avoir cru que l’acte avait été commis par deux personnes.
Photo: Thibault Camus Associated Press Les autorités ont pu déterminer qu’il n’y avait qu’un suspect, après avoir cru que l’acte avait été commis par deux personnes.

Un homme a attaqué à l’arme blanche deux personnes en pleine rue à côté des anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris, vendredi, pendant le procès des complices des auteurs du massacre, en janvier 2015, de la rédaction de cet hebdomadaire satirique. Sept personnes ont été interpellées par les autorités, dont l’auteur présumé.

La justice antiterroriste s’est saisie de l’affaire qui a ravivé en France le douloureux souvenir de l’année 2015, marquée notamment par les attaques de janvier contre Charlie Hebdo et celles, encore plus meurtrières, du 13 novembre à Paris.

Cette attaque avec un hachoir représente « manifestement un acte de terrorisme islamiste », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, à la chaîne de télévision France 2. « Bien évidemment, cela fait peu de doute, c’est une nouvelle attaque sanglante contre notre pays », a ajouté le ministre.

La rédaction de Charlie Hebdo faisait l’objet de nouvelles menaces depuis que cet hebdomadaire avait de nouveau publié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, pour l’ouverture du procès, prévu pour durer jusqu’au 10 novembre, sur les attentats de 2015.

Les deux personnes blessées vendredi l’ont été grièvement, mais leurs jours ne sont « pas en danger », a déclaré le premier ministre Jean Castex, arrivé sur place rue Nicolas Appert, dans l’Est parisien, quadrillée par des dizaines de policiers.

« Cela s’est passé vers 11 h 45 [5 h 45 au Québec], un homme est arrivé et a attaqué avec un hachoir deux salariés qui fumaient devant l’immeuble, un homme et une femme », a déclaré à l’AFP Paul Moreira, codirigeant de la société de production audiovisuelle Premières Lignes, qui employait les deux victimes.

Ils ont été blessés « au niveau du haut du corps », l’un a la tête, a-t-il ajouté.

L’auteur arrêté

L’« auteur principal » de ces violences a été interpellé par la police, non loin du lieu de la double agression, selon le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard, et une deuxième personne a été placée en garde à vue. Des « vérifications » sont en cours sur ses « relations » avec le premier homme appréhendé.

Le premier suspect, né au Pakistan, est âgé de 18 ans et avait été arrêté en juin en possession d’une arme blanche, selon une source proche du dossier.

Le second suspect est un Algérien de 33 ans, d’après une autre source proche de l’enquête ouverte pour « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Puis cinq hommes ont été interpellés à Pantin, en banlieue parisienne, lors d’une perquisition dans l’un des domiciles supposés du principal suspect de cette attaque, et placés en garde à vue.

Liberté de la presse

Le premier ministre Jean Castex a exprimé l’« attachement indéfectible » du gouvernement à « la liberté de la presse, sa volonté résolue par tous les moyens de lutter contre le terrorisme ».

La rédaction de Charlie Hebdo, installée dans un lieu tenu secret et sous haute protection depuis l’attaque islamiste qui avait décimé sa rédaction, a apporté sur Twitter « son soutien et sa solidarité à ses anciens voisins et confrères » de Premières Lignes « et aux personnes touchées par cette odieuse attaque ».

De l’étranger, le président du Conseil européen, Charles Michel, et le premier ministre italien, Giuseppe Conte, ont exprimé sur Twitter leur « solidarité avec le peuple français ».

Vers midi, on est allé faire une pause déjeuner au restaurant. En arrivant, la patronne s’est mise à crier “partez, partez, il y a un attentat !”… On est parti en courant s’enfermer et rester à l’intérieur de notre boutique avec quatre clients.