Dispositif allégé pour les écoles qui font face à la COVID-19 en France

Selon le Haut Conseil de la santé publique, composé d’une centaine de scientifiques et de médecins, les enfants ont peu de risques de développer des formes graves de la maladie et ils seraient peu actifs dans sa transmission.
Photo: Pascal Guyot Agence France-Presse Selon le Haut Conseil de la santé publique, composé d’une centaine de scientifiques et de médecins, les enfants ont peu de risques de développer des formes graves de la maladie et ils seraient peu actifs dans sa transmission.

Alors que 2000 classes et 76 écoles primaires sont présentement fermées sur tout le territoire, le ministre français de l’Éducation a annoncé que, dès mardi, le dispositif sanitaire concernant l’épidémie de COVID-19 sera allégé dans toutes les écoles maternelles et élémentaires de France.

Dorénavant, la détection d’un élève positif à la COVID-19 n’entraînera plus automatiquement la fermeture de sa classe. Seul cet élève sera mis en quarantaine durant sept jours. Les autres élèves, même s’ils ont été en contact avec lui, ne seront pas obligés de faire de même. Pour qu’une classe soit fermée, il faudra que soient détectés trois cas venant de familles différentes. Les enseignants portant un masque et ayant côtoyé un élève contaminé ne seront pas non plus invités à s’isoler.

L’objectif avoué de ces mesures, qui surviennent trois semaines après la rentrée scolaire, est d’éviter les fermetures inutiles et de garder le plus possible de classes et d’écoles ouvertes, même si l’épidémie de COVID-19 connaît un regain en France.

D’adulte à adulte

La décision s’appuie sur un nouvel avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) rendu public jeudi dernier. Selon l’organisme composé d’une centaine de scientifiques et de médecins, les enfants ont peu de risques de développer des formes graves de la maladie et ils seraient peu actifs dans sa transmission. « Le risque de transmission existe surtout d’adulte à adulte et d’adulte à enfant, mais rarement d’enfant à enfant ou d’enfant à adulte », écrit le HCSP.

Les experts se basent sur la publication d’études montrant que les enfants ne sont pas de grands contaminateurs, comme on a pu le croire. « Dans 9 cas sur 10, ce sont les adultes malades qui contaminent les enfants, et non l’inverse », soutient Robert Cohen, vice-président de la Société française de pédiatrie qui a dirigé une recherche menée par 27 pédiatres sur 605 enfants de moins de 15 ans en Île-de-France. En juin, une étude semblable financée par l’Institut Pasteur et réalisée sur 1340 personnes à Crépy-en-Valois avait aussi conclu qu’il n’y avait « pas de transmission importante du virus entre les enfants ou vers les enseignants ».

Alors que « ce nouveau protocole va permettre moins de classes fermées », a déclaré le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, plusieurs syndicats s’en inquiètent. Il serait même « incompréhensible et inacceptable », selon le syndicat majoritaire chez les instituteurs (SNUipp-FSU), qui invoque le « principe de précaution » à un moment où l’épidémie connaît un fort rebond dans le pays.

Les associations de parents déplorent de leur côté des messages contradictoires adressés aux parents. « Tout de monde se défausse ! », dit le président de la plus importante fédération de parents de France, Rodrigo Arenas (FCPE). Selon lui, « certains pays n’affirment pas aussi fortement que la France que les enfants sont moins contaminants. La France semble faire le choix de l’immunité collective. Mais il faudrait le dire ! ».

Tester tout le monde?

La décision semble pourtant satisfaire de nombreux épidémiologistes. « Il faut absolument éviter ces fermetures en série qui ne servent à rien et sont extrêmement délétères pour les enfants », a déclaré l’un d’eux sur CNews, le Dr Martin Blachier.

Jean-Michel Blanquer s’est aussi opposé à l’idée de tester systématiquement tous les enseignants, comme l’avait demandé le maire de Nice, Christian Estrosi. « Cela ne sert à rien de tester tout le monde, le même jour, ça voudrait dire qu’il faudrait refaire le test tous les jours », dit-il. Selon le ministre, la priorité doit aujourd’hui aller au rattrapage scolaire. Partout, les témoignages d’enseignants se multiplient décrivant une rentrée chaotique avec des enfants dont le niveau a rarement été aussi disparate.

La secrétaire générale du premier syndicat d’enseignants du primaire (SNUipp-FSU), Guislaine David, confiait au Figaro que « les habitudes sont difficiles à remettre en place. Certains [élèves] sont perdus avec la vie en collectivité. D’autres ont une capacité d’attention affaiblie ».

Le nombre de classes et d’écoles fermées devrait donc diminuer dans les prochains jours. S’il est obligatoire pour les enseignants, le port du masque ne l’est pas pour les élèves du primaire. Il n’est obligatoire qu’à partir de 11 ans, donc de la sixième, qui représente en France la première année du secondaire.

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