L'OMS alarmée par le niveau de transmission de la COVID-19 en Europe

<p>La zone Europe de l’OMS compte près de 5 millions de cas officiels et plus de 227 000 morts liées au virus, d’après le tableau de surveillance de l’organisation.</p>
Photo: Phiippe Lopez Agence France-Presse

La zone Europe de l’OMS compte près de 5 millions de cas officiels et plus de 227 000 morts liées au virus, d’après le tableau de surveillance de l’organisation.

Face à un niveau de transmission de la COVID-19 en Europe jugé « alarmant » par l’OMS, et alors que les contaminations dans le monde ont passé le cap des 30 millions, des villes et des pays envisagent de durcir leurs mesures de protection ou de confinement.

« Les chiffres de septembre devraient servir d’alarme pour nous tous » à travers l’Europe, où le nombre de nouveaux cas est désormais supérieur à ceux enregistrés en mars et en avril, a déclaré depuis Copenhague le directeur de la division Europe de l’Organisation mondiale de la santé, Hans Kluge.

La zone Europe de l’OMS, qui comprend 53 pays, dont la Russie, compte près de 5 millions de cas officiels et plus de 227 000 décès liés au virus, d’après le tableau de surveillance de l’organisation.

L’organisation onusienne a également exclu de raccourcir la durée recommandée de la quarantaine (14 jours) pour tous ceux qui ont été en contact avec le virus.

« Nous ne la réviserions que sur la base d’un changement de notre compréhension de la science, ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent », a insisté Catherine Smallwood, responsable des situations d’urgence à l’OMS Europe.

Or, en France, la durée d’isolement a été ramenée à 7 jours en cas de contact. Elle est de 10 jours au Royaume-Uni et en Irlande et plusieurs pays européens, comme le Portugal et la Croatie, envisagent actuellement de la réduire.

Restrictions à Madrid

Les autorités régionales de Madrid, épicentre de la pandémie en Espagne, vont annoncer vendredi de nouvelles restrictions. Le but de ces nouvelles mesures sera « de restreindre la mobilité et de réduire l’activité dans les zones […] où l’on observe la plus forte transmission du virus », a expliqué le responsable régional de la Santé publique, Antonio Ruiz Escudero.

L’Espagne, l’un des pays les plus touchés par la pandémie, a dépassé récemment la barre des 600 000 cas et des 30 000 morts.

En Autriche, les rassemblements privés à l’intérieur vont être limités à 10 personnes. « Nous avons une hausse exponentielle des nouvelles infections en Autriche », a déploré le chancelier Sebastian Kurz, qui a estimé dimanche que son pays était touché par une « deuxième vague » de la pandémie.

En France, le ministre de la Santé a annoncé dans la soirée que de nouvelles restrictions, dont « la possible fermeture des bars » ou « l’interdiction de rassemblements publics », seront décidées dans le pays, notamment à Lyon, à Nice, à Marseille ou en Guadeloupe.

Dimanche sur les Champs-Élysées, à Paris, la présence du public sera limitée à 5000 spectateurs pour l’étape d’arrivée du Tour de France.

En Grande-Bretagne, le premier ministre, Boris Johnson, a estimé qu’il fallait « être dur maintenant » pour contenir une deuxième vague, qu’il a comparée à la deuxième « bosse » d’un chameau, et sauver Noël, fête chère aux Britanniques. Il a appelé la population à respecter l’interdiction de se réunir à plus de 6 personnes en Angleterre.

Aux États-Unis, les éventuels vaccins pour lutter contre le coronavirus sont plus que jamais un argument de campagne en vue de la présidentielle.

Le président, Donald Trump, a assuré mercredi que la première économie mondiale disposerait d’un vaccin dès octobre, qui sera largement distribué à la population. Des déclarations qui vont à l’encontre des avis exprimés par des experts sanitaires.

Interrogé au Congrès, le directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies, Robert Redfield a estimé que la majorité des Américains ne pourraient pas bénéficier d’un vaccin avant « le deuxième ou troisième trimestre de 2021 ».

À New York, la municipalité a reporté une nouvelle fois, jusqu’au 29 septembre ou au 1er octobre, la rentrée des classes pour une grande partie des élèves de la ville.

Selon le dernier bilan établi jeudi par l’AFP, la pandémie a fait plus de 943 000 morts dans le monde depuis la fin décembre et plus de 30 millions de cas ont été diagnostiqués.

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