«Orgies de violence» en Allemagne

Les violences ont éclaté à la suite d’un contrôle de police pour une affaire de stupéfiants, qui a dégénéré.
Photo: Thomas Kienzle Agence France-Presse Les violences ont éclaté à la suite d’un contrôle de police pour une affaire de stupéfiants, qui a dégénéré.

Angela Merkel a dénoncé lundi des actes « ignobles » à la suite des violences urbaines et des agressions de policiers par des bandes de jeunes à Stuttgart au cours du week-end, qui ont choqué l’Allemagne. « Les scènes survenues dans le centre-ville de Stuttgart dans la nuit de samedi à dimanche sont ignobles et doivent être fermement condamnées », a déclaré le porte-parole de la chancelière, Steffen Seibert.

L’émoi est grand en Allemagne après ces actes de vandalisme d’une ampleur jugée « sans précédent » par les autorités. Le président de la région de Stuttgart, Winfried Kretschmann, a parlé « d’orgies de violence » à l’encontre des forces de l’ordre. Le chef de l’État, Frank-Walter Steinmeier, a appelé à ce que les auteurs des échauffourées soient « poursuivis et punis avec toute la sévérité prévue par la loi ». « Il y va de la crédibilité de notre État de droit », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, qui s’est rendu sur place lundi.

Les violences ont éclaté à la suite d’un contrôle de police pour une affaire de stupéfiants, qui a dégénéré. Jusqu’à 500 jeunes gens, pour la plupart des hommes, dont certains fortement alcoolisés selon la police, se sont alors dirigés en petits groupes vers le centre-ville pour y semer le chaos pendant plusieurs heures, pillant des magasins et attaquant les forces de police et de secours sur place.

Au total, 25 personnes ont été interpellées, dont un adolescent de 16 ans accusé de tentative de meurtre après avoir frappé à la tête un étudiant déjà à terre qui avait protesté contre les débordements. Entre-temps, 16 ont été libérées, les autres devant être envoyés devant un juge pour participation à des émeutes, blessures corporelles graves, agression contre des forces de l’ordre et vol aggravé, a précisé le parquet. Âgés de 16 à 33 ans, ils sont de nationalités allemande, croate, irakienne, portugaise et lettonne. La police fait de son côté état de 19 blessés légers dans ses rangs.

« Nous n’avons pas d’éléments laissant penser que les actes aient été motivés par des raisons politiques ou religieuses », a souligné la responsable de la police régionale, Stefanie Hinz. Elle contredisait ainsi les allégations du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui a rapidement mis les faits sur le compte des « migrants et antifa » d’extrême gauche, selon un gazouillis d’une de ses dirigeantes, Alice Weidel.

Ces événements interviennent alors que la police allemande a été vivement critiquée récemment, notamment au sein du parti social-démocrate SPD, allié d’Angela Merkel au gouvernement. Sa coprésidente, Saskia Esken, a évoqué un « racisme latent » dans ses rangs, dans le sillage des débats consécutifs à la mort de l’Afro-Américain George Floyd, tué par un policier fin mai aux États-Unis.