En Espagne, le tiers des personnes infectées sont asymptomatiques

L'Espagne applique un processus de déconfinement progressif qui devrait s’achever fin juin.
Photo: Oscar Del Pozo Agence France-Presse L'Espagne applique un processus de déconfinement progressif qui devrait s’achever fin juin.

Un tiers des personnes infectées par le nouveau coronavirus en Espagne sont asymptomatiques, a révélé jeudi un nouveau volet d’une étude de séroprévalence menée par le gouvernement, qui confirme que 5,2 % de la population a été contaminée.

Cette étude conclut qu’« un tiers des personnes infectées n’ont pas de symptômes et donc ne se manifesteront pas auprès du système de santé », a déclaré lors d’une conférence de presse la directrice du Centre national d’épidémiologie, Marina Pollan.

Le deuxième volet de cette étude de séroprévalence nationale, effectuée sur un échantillon de plus de 60 000 personnes entre le 18 mai et le 1er juin, a conclu que 5,21 % de la population — ce qui correspondrait à 2,4 millions des 47 millions d’Espagnols — possède des anticorps et a donc été contaminé par le virus, selon un communiqué du ministère de la Santé.

Ce résultat est très proche de celui publié après la première vague de tests, réalisée entre fin avril et mi-mai, qui avait révélé que 5 % de la population espagnole avait été infectée.

« Bien que la moyenne nationale soit de 5,21 %, l’étude montre des différences géographiques marquées, très similaires à celles qui ont été observées lors du premier volet, avec des prévalences égales ou proches des 10 % à Madrid comme dans les provinces alentour », a indiqué le communiqué.

La région de Madrid a été la plus affectée par le coronavirus, avec environ un tiers des 240 000 cas confirmés et des 27 000 morts recensés dans tout le pays.

L’Espagne, un des pays du monde les plus durement touchés par la pandémie, est parvenue à réduire considérablement la contagion et applique un processus de déconfinement progressif qui devrait s’achever fin juin.

5,2 %
C’est le pourcentage de la population espagnole qui a été contaminée par le nouveau coronavirus, selon une récente étude gouvernementale.

Un vaccin accessible à tous

Par ailleurs, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a estimé jeudi qu’un futur vaccin contre le nouveau coronavirus devait être considéré comme un « bien public mondial » accessible à tous, à l’occasion d’un sommet qui a recueilli 8,8 milliards de dollars pour la vaccination en général.

Ce sommet virtuel de l’Alliance pour le vaccin (GAVI), qui a réuni plus de 50 pays et plus de 35 chefs d’État et de gouvernement, a ainsi largement dépassé les 7,4 milliards de dollars de promesses de dons espérés sur cinq ans. Les fonds doivent servir à poursuivre les campagnes mondiales de vaccination contre la rougeole, la polio ou la typhoïde, largement perturbées par l’épidémie de COVID-19.

La réunion visait également à lancer des appels de financement pour l’achat et la production d’un éventuel vaccin contre la COVID-19, ainsi que pour un soutien à sa distribution dans les pays en développement. Pour ce vaccin en particulier, l’objectif du GAVI, organisme international qui réunit des acteurs publics et privés pour assurer un égal accès aux vaccins, était de récolter 2 milliards de dollars.

Au total, 567 millions de dollars ont été levés jeudi, en capital de départ initial, auprès de 12 donateurs, a-t-il été indiqué dans un communiqué de presse.

« Un vaccin contre la COVID-19 doit être vu comme un bien public mondial, un vaccin pour les peuples », a déclaré le secrétaire général de l’ONU à l’ouverture du sommet, soulignant que nombre de dirigeants mondiaux ont lancé un appel en ce sens.

Il a souligné qu’à cause de la crise du nouveau coronavirus, des campagnes de vaccination ont été interrompues : « Vingt millions d’enfants » ne sont pas complètement vaccinés et « un enfant sur cinq » n’est pas vacciné du tout.

Hôte de ce sommet virtuel, le premier ministre britannique Boris Johnson a salué le choix de « s’unir » pour « tracer le chemin d’une coopération mondiale » ainsi que la détermination à trouver un vaccin contre le nouveau coronavirus.

Comptant près de 40 000 morts, le Royaume-Uni est le deuxième pays le plus durement frappé par le virus. Le pays est le contributeur le plus important au GAVI avec 1,65 milliard de livres (2 milliards de dollars) promis sur les cinq prochaines années. Suivent la fondation de Bill et Melinda Gates (1,6 milliard de dollars), les États-Unis (1,16 milliard de dollars) et la Norvège (1 milliard de dollars). La France a promis 500 millions d’euros et 100 millions supplémentaires quand un vaccin sera accessible.

Les fonds levés jeudi « seront cruciaux pour assurer le maintien de la vaccination de routine et pour rattraper les retards accumulés des programmes de vaccination à la suite de la pandémie de COVID-19 », ont estimé l’Unicef et les ONG One et Action santé mondiale.

L’organisation Oxfam a appelé à investir l’argent public « dans des vaccins et des traitements libres de droits et accessibles à toutes les nations à prix coûtant », critiquant le « pouvoir monopolistique de l’industrie pharmaceutique qui se dresse sur le chemin d’un vaccin pour les peuples ».

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