L’Italie rouvre ses frontières aux touristes

L'activité état plutôt réduite dans les aéroports, notamment à Rome, et le port du masque est obligatoire.
Photo: Filippo Monteforte Agence France-Presse L'activité état plutôt réduite dans les aéroports, notamment à Rome, et le port du masque est obligatoire.

Benvenuti in Italia ! Après un mois d’un prudent déconfinement, l’Italie a rouvert ses frontières aux touristes européens mercredi, nouveau pas vers la normalisation et la relance du tourisme à l’approche de l’été.

« Après des semaines d’énormes sacrifices, il y a de l’enthousiasme dans l’air, une vie sociale retrouvée », s’est réjoui le premier ministre, Giuseppe Conte, au cours d’une conférence de presse en début de soirée.

Dans les aéroports comme dans les gares, à Rome, Milan, Naples ou Venise, vols et liaisons internationales ont repris ou se sont accélérés. « Je suis bien heureuse d’être là ! » a dit Régina, une touriste allemande quinquagénaire, juste débarquée à l’aéroport de Venise, avec son masque sur le nez. « C’est fantastique de ne voir presque personne. »

Mercredi marquait aussi le retour de la liberté de déplacement entre les 20 régions, du nord au sud de la péninsule. Une mesure attendue avec impatience par les Italiens.

Les chiffres sont encourageants. L’urgence sanitaire est maintenant derrière nous.

 

Selon les agences de presse, cette réouverture entre régions a donné lieu à des embouteillages pour embarquer à bord des ferries à destination ou en provenance de Sicile, ou encore à une grande affluence dans les gares, mais dans l’ordre et le respect des consignes sanitaires. Le nombre de trains a été triplé. L’activité est restée réduite dans les aéroports, notamment à Rome, a-t-on constaté.

Les interdictions de grands rassemblements, l’obligation du port du masque dans les lieux clos et dans les transports publics demeurent, avec d’innombrables règles différentes selon les régions.

Traumatisée par ses 33 500 morts en trois mois, l’Italie, néanmoins impatiente de retourner à la normalité comme de relancer son économie, se déconfine progressivement depuis début mai.

Commerces, cafés et terrasses ont rouvert, de même que la grande majorité des monuments et sites touristiques : basilique Saint-Pierre et Colisée à Rome, Pompéi, tour de Pise, cathédrales de Milan et Florence, etc.

À l’image des canaux de Venise, où les gondoles attendent le client, ces monuments restent pour le moment peu fréquentés, si ce n’est par quelques Italiens. À Rome, au pied de la fontaine de Trévi, un couple de jeunes mariés profitait mercredi du peu d’affluence pour prendre la pose. « Il faut savourer ces moments, dit le mari : à Rome, c’est rare ! »

La crise sanitaire « n’est pas terminée », a prévenu mardi, jour de Fête nationale, le président de la République,Sergio Mattarella, qui a loué « l’unité » de son pays.

« Les chiffres sont encourageants. L’urgence sanitaire est maintenant derrière nous », a de son côté déclaré mercredi M. Conte. « Il faut maintenant faire face à l’urgence économique et sociale. »

Besoin crucial

L’Italie avait imposé un verrouillage économique début mars. Elle doit à présent essayer de se relever de sa plus grave récession depuis la Seconde Guerre mondiale et a un besoin crucial de voir revenir les touristes (13 % du PIB).

L’enjeu est « désormais de se concentrer sur “la marque Italie” », a affirmé le premier ministre.

L’enjeu dépasse largement les frontières italiennes, alors que l’Espagne, la Grèce et la France entendent elles aussi relancer leur secteur touristique en captant le plus possible de voyageurs étrangers.

Le chef de la diplomatie italienne, Luigi Di Maio, a rencontré mercredi à Rome son homologue français, Jean-Yves Le Drian, et demandé à cette occasion « la réciprocité » à ses partenaires européens sur la réouverture des frontières.

Inquiètes d’une possible reprise de l’épidémie depuis la Lombardie, un moment épicentre européen de la maladie, la Suisse et l’Autriche gardent leur frontière italienne fermée, suscitant le mécontentement de Rome.

« L’Italie peut montrer que notre situation actuelle est meilleure que celle de certaines parties du Vieux Continent », a dit M. Di Maio, soulignant que Rome et Vienne allaient procéder à une comparaison de leurs données épidémiologiques.

Mais le chemin reste long. Seuls 40 des 1200 hôtels de Rome ont rouvert, indiquait lundi le Corriere della Sera.

Pour Mimmo Burgio, 62 ans, propriétaire d’un café près du Colisée, « on ne reverra pas les touristes étrangers avant fin août ou septembre. Chinois et Américains ne viendront pas. Les Européens ont peur, alors on attend les touristes italiens. Mais plutôt qu’à Rome, ils iront à la plage ».

Pendant ce temps, l’application « Immuni » de recherche des contacts choisie par l’Italie pour endiguer la propagation de la COVID-19 a été téléchargée par 500 000 personnes en 24 heures, en tête des téléchargements nationaux. Elle sera opérationnelle à partir du 8 juin.

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