Le gouvernement britannique va pister les citoyens malades

Avec la décrue amorcée des contaminations et décès, la pression monte sur les autorités pour élaborer une stratégie d’assouplissement du confinement décrété le 23 mars.
Photo: Tolga Akmen Agence France-Presse Avec la décrue amorcée des contaminations et décès, la pression monte sur les autorités pour élaborer une stratégie d’assouplissement du confinement décrété le 23 mars.

Les services de santé britanniques ont indiqué mardi développer leur propre application de repérage des contacts pour le déconfinement, avec un modèle centralisé, plutôt que l’approche décentralisée proposée par Google et Apple, espérant la rendre disponible d’ici « deux à trois semaines ». « Nous sommes bien partis, j’espère, pour que l’application soit prête quand on aura besoin d’elle, pour le moment où le pays aura les outils pour sortir du confinement de manière sécurisée », a déclaré le responsable de NSHX, la filiale du service national de santé (NHS) chargée de l’innovation.

Avec la décrue amorcée des contaminations et décès, la pression monte sur les autorités pour élaborer une stratégie d’assouplissement du confinement décrété le 23 mars, jusqu’au 7 mai en l’état. Le premier ministre Boris Johnson a promis des annonces dans les jours à venir.

Pour éviter une recrudescence avec le déconfinement, le Royaume-Uni, à l’instar de plusieurs pays européens, prépare une application pour téléphones intelligents de repérage de contacts, qui permet à un usager de prévenir automatiquement les autres utilisateurs qu’il a croisés s’il découvre qu’il est contaminé par le coronavirus. Selon les médias britanniques, le NHS a choisi comme la France une approche « centralisée » : l’application va vérifier sur un serveur central que notre pseudonyme n’est pas dans la liste des pseudonymes croisés par une personne contaminée.

D’autres pays, comme l’Allemagne, ont choisi une option « décentralisée », favorisée aussi par Google et Apple. Dans cette architecture, nos téléphones importent régulièrement la liste de tous les pseudonymes ayant croisé des personnes contaminées, et vérifient eux-mêmes si notre pseudonyme figure sur ces listes ou pas.

L’association Liberty s’est inquiétée de ce que cette application ne se transforme en un outil de surveillance à grande échelle de la population. NHSX a assuré que son système respecterait les réglementations en matière de protection des données et de la vie privée, et que les données recueillies ne serviraient que pour les besoins des services de santé.

Mystérieuse maladie

Par ailleurs, les autorités sanitaires britanniques tentent d’établir s’il existe un lien entre la pandémie de coronavirus et une maladie grave touchant depuis peu un petit nombre d’enfants, a indiqué mardi le ministre de la Santé Matt Hancock. Cette maladie apparue récemment ressemble à la maladie de Kawasaki, un syndrome vasculaire affectant les jeunes enfants et dont la cause reste indéterminée.

« C’est une nouvelle maladie qui, selon nous, peut être causée par le coronavirus », a déclaré Matt Hancock à la radio LBC. « Nous ne sommes pas sûrs à 100 % parce que certaines des personnes qui l’ont contractée n’ont pas été déclarées positives [au coronavirus]. Nous faisons donc actuellement beaucoup de recherche. Mais c’est quelque chose qui nous préoccupe », a-t-il ajouté.

Le ministre a indiqué qu’il y avait « un petit nombre de cas ». « Il s’agit d’une maladie très rare, mais je pense qu’il est tout à fait plausible que cela soit dû à ce virus, du moins dans certains cas », avait déclaré lundi le chef des services sanitaires, Chris Whitty, lors de la conférence de presse quotidienne du gouvernement sur le coronavirus.

La société britannique de soins intensifs pédiatriques (PICS) avait relayé lundi une alerte du service public de santé anglais, NHS England, concernant une petite augmentation du nombre de cas d’enfants gravement malades, certains atteints de la COVID-19, d’autres non. Leurs syndromes se rapprochaient de ceux de la maladie de Kawasaki et du syndrome du choc toxique.