De timides tentatives de déconfinement en Europe

Plusieurs pays d’Europe, à la faveur d’un ralentissement de la propagation du coronavirus, ont pris ou s’apprêtent à prendre des mesures de déconfinement de leur population, en avertissant que la route vers la guérison et un retour à la normale sera encore longue.

Après l’autorisation donnée lundi en Espagne aux travailleurs de reprendre le chemin des usines et des chantiers, à condition de porter des masques distribués à grande échelle, l’Autriche a permis mardi la réouverture prudente de ses petits commerces et de ses jardins publics. Les clients des restaurants doivent porter un masque et respecter les distances de sécurité.

Plusieurs nations européennes envisagent de lui emboîter le pas prochainement. L’Allemagne, où la mortalité est restée inférieure à celle d’autres pays, doit annoncer mercredi un allègement des mesures coercitives, qui varient d’une région à l’autre. Le président de l’Académie des sciences Leopoldina, dont les avis sont suivis par les autorités allemandes, a toutefois averti mardi que les stades et les salles de concert pourraient, dans le pire des scénarios, rester vides pendant 18 mois. L’Islande a annoncé un allègement progressif à compter du 4 mai. La République tchèque a présenté un plan de déconfinement par étapes, à partir du 20 avril.

Le risque de réintroduction et de résurgence de la COVID-19 va continuer

 

Risque de réintroduction

Lundi, le président français, Emmanuel Macron, a évoqué une levée des restrictions et une réouverture progressive des écoles à compter du 11 mai en France, premier des grands pays les plus touchés (plus de 15 700 décès) à s’engager dans cette voie. « L’épidémie commence à marquer le pas », a estimé le chef de l’État français. Mardi, en dépit d’un grand nombre de morts (762), le nombre de patients en réanimation, considéré comme un indicateur crucial, a continué à décroître. Les bars, restaurants et cinémas français resteront fermés jusqu’à nouvel ordre, tout comme les frontières avec les pays non européens.

Également à l’arrêt quasi total depuis plus d’un mois, l’Italie (plus de 21 000 morts) a elle aussi autorisé des réouvertures localisées et très limitées de certains commerces.

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Le ralentissement de la progression du virus en Europe ne doit pas provoquer de relâchement incontrôlé, a prévenu l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soulignant que le coronavirus est dix fois plus mortel que la grippe H1N1 apparue en mars 2009 au Mexique. « Le risque de réintroduction et de résurgence de la COVID-19 va continuer », a averti son patron, Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant que la maladie constituerait une menace jusqu’à « la mise au point et la distribution d’un vaccin sûr et efficace ».

La reprise du travail, bien entamée en Chine après la levée des mesures de confinement, est toutefois loin d’être à l’ordre du jour dans de nombreux autres pays. En Inde, le premier ministre, Narendra Modi, a annoncé mardi la prolongation au moins jusqu’au 3 mai du confinement de son pays de 1,3 milliard d’habitants.

Le Royaume-Uni n’a « toujours pas passé le pic » de l’épidémie, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, qui dirige provisoirement le gouvernement en l’absence de Boris Johnson, convalescent après avoir été contaminé. 778 décès supplémentaires ont été enregistrés mardi dans le pays (contre 717 la veille), portant à plus de 12 000 le nombre de morts.

À l’échelle des États-Unis, où la pandémie fait encore plus de 2000 morts par jour pour plus de 25 000 décès au total, la décision de « rouvrir » l’économie sera « la plus importante de [sa] vie », a reconnu Donald Trump. Son conseiller scientifique, Anthony Fauci, a estimé que l’économie pourrait redémarrer graduellement en mai.

La pandémie a fait près de 124 000 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine. Plus de 1 961 950 cas ont été diagnostiqués dans 193 pays et territoires depuis le début de l’épidémie. Les États-Unis sont le pays le plus touché, avec 25 757 décès pour plus de 600 000 cas. Suivent l’Italie avec 21 067 morts, l’Espagne (18 056), la France (15 729) et le Royaume-Uni (12 107).