Boris Johnson dans un état «stable» aux soins intensifs

Atteint de la COVID-19, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a été transféré aux soins intensifs de l’hôpital londonien St Thomas lundi soir. Il est dans un état «stable» et «garde le moral». 
Photo: Alberto Pezzali Assoociated Press Atteint de la COVID-19, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a été transféré aux soins intensifs de l’hôpital londonien St Thomas lundi soir. Il est dans un état «stable» et «garde le moral». 

Atteint par le nouveau coronavirus, le premier ministre britannique, Boris Johnson, se trouvait mardi dans un état « stable » aux soins intensifs, inquiétant le Royaume-Uni où la pandémie de COVID-19 s’aggrave avec plus de 6000 morts.

L’hospitalisation du dirigeant de 55 ans « nous a tous choqués », a déclaré lors d’une conférence de presse le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, désigné pour le remplacer. « Ce n’est pas seulement notre patron, c’est aussi un collègue et un ami », a-t-il ajouté.

Il a toutefois prédit que le bouillonnant conservateur diagnostiqué positif au nouveau coronavirus le 27 mars « s’en tirera ». « C’est un battant. »

Après deux nuits à l’hôpital St. Thomas de Londres, Boris Johnson « reçoit un traitement standard à l’oxygène et respire sans aucune assistance. Il n’a pas eu besoin de ventilation mécanique ou d’aide respiratoire non invasive », a expliqué plus tôt dans la journée son porte-parole.

Le dirigeant, seul chef d’État ou de gouvernement d’une grande puissance à avoir été contaminé, est resté dans un état « stable » durant la nuit et « il garde le moral », a-t-il ajouté.

En son absence, Dominic Raab va devoir prendre la tête de la lutte contre l’épidémie, à un moment où les autorités prévoient un pic dans quelques jours et où une décision quant à une prolongation du confinement, aux conséquences économiques et sociales cataclysmiques, doit être prise dans les prochains jours.

Nous sommes à peu près deux semaines derrière la France et quelques semaines derrière l’Italie en matière de chiffres.

 

La pandémie a officiellement contaminé plus de 55 000 personnes au Royaume-Uni et en a tué 6159. Plus de 786 décès y ont été recensés en 24 heures, un nouveau record pour le pays.

« Nous sommes à peu près deux semaines derrière la France et quelques semaines derrière l’Italie en matière de chiffres », a déclaré le conseiller scientifique du gouvernement, Patrick Vallance, aux côtés de Dominic Raab. Au vu de la tendance des contaminations et hospitalisations, il s’attend à ce que le nombre de décès « commence à baisser d’ici deux à trois semaines ».

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Le plan de lutte maintenu

Jusqu’à son hospitalisation dimanche, Boris Johnson s’était efforcé de continuer à diriger depuis son appartement de Downing Street, où il était en quarantaine. Son état se dégradant, il a été transféré lundi soir aux soins intensifs.

Le gouvernement, après avoir tergiversé, a décrété un confinement général le 23 mars mais permet les sorties, pour faire de l’exercice notamment. Les parcs de Londres restent ouverts, se retrouvant parfois très fréquentés en cette période printanière, faisant craindre une aggravation de la tendance.

Boris Johnson a été critiqué dans cette crise sans précédent pour avoir tardé à en prendre la mesure, rechignant longtemps à adopter des mesures de confinement. Lui-même avait nargué le virus début mars en se vantant d’avoir « serré la main à tout le monde », y compris de malades de la COVID-19 lors d’une visite dans un hôpital.

Avant d’être admis aux soins intensifs, Boris Johnson avait demandé à Dominic Raab de le « remplacer si nécessaire », a déclaré un porte-parole de Downing Street.

M. Raab avait déjà présidé lundi la conférence quotidienne du gouvernement sur le coronavirus. Il coordonnera également le travail des autres ministres ou secrétaires chargés de comités spécifiquement liés au coronavirus, comme celui concernant la lutte sanitaire ou les efforts pour soutenir les entreprises en ce temps de crise.

Dominic Raab a insisté lundi soir sur le fait qu’il suivra à la lettre le plan du premier ministre contre la COVID-19.

Le président de la commission parlementaire sur la défense, Tobias Ellwood, a averti que le Royaume-Uni devait être prêt face à « des adversaires qui tenteraient d’exploiter toute supposée faiblesse » du pays pendant que le premier ministre est à l’hôpital.

« Il est important d’être 100 % clair concernant qui porte désormais la responsabilité de prendre les décisions en matière de sécurité nationale », a écrit sur Twitter Michael Gove, ajoutant que « c’est Dominic [Raab], en tant que ministre des Affaires étrangères, qui est responsable ».

Il n’existe pas dans la Constitution britannique de rôle officiel de vice-premier ministre ou de premier ministre par intérim. Le Royaume-Uni est techniquement dirigé par tout le gouvernement, et le premier ministre, même s’il dispose de plus de pouvoirs que les autres ministres, ne peut gouverner qu’avec leur soutien.