À Saint-Pétersbourg, des fidèles embrassent les icônes malgré les risques

<p>Comme le veut la religion orthodoxe russe, les pratiquants se signent devant les objets saints et embrassent la vitre qui les recouvre.</p>
Photo: Olga Maltseva Agence France-Presse

Comme le veut la religion orthodoxe russe, les pratiquants se signent devant les objets saints et embrassent la vitre qui les recouvre.

Un baiser, puis un coup de lingette désinfectante : des centaines de croyants russes ont embrassé dimanche des icônes et des reliques sacrées à Saint-Pétersbourg, lors d’une exposition publique autorisée en dépit des craintes liées au coronavirus.

Réunis dans la cathédrale de Kazan, au coeur de l’ancienne capitale impériale, ils ont formé de longues files d’attente pour vénérer en particulier des reliques de Saint-Jean-Baptiste, arrivées mardi de Jérusalem et en Russie pour sept jours.

« J’ai attendu l’arrivée de ces reliques. C’est très important pour moi en tant que chrétienne », a affirmé Anna Sokolova, 49 ans.

Comme le veut la religion orthodoxe russe, les pratiquants se signent devant les objets saints et embrassent la vitre qui les recouvre.

Après chaque baiser, une religieuse était chargée de désinfecter la surface touchée avec des lingettes.

Avertissements des médecins

« Je n’ai pas peur. À mon avis, cette histoire de coronavirus est exagérée. Pour moi, ce n’est pas une raison pour ne pas aller à l’église », a affirmé Natalia, une croyante de 58 ans.

Les fidèles se sont retrouvés, même si la mairie de Saint-Pétersbourg a interdit les rassemblements de plus de 1000 personnes pour lutter contre le virus.

De leur côté, les autorités religieuses russes se sont opposées à la suspension des messes, contrairement à la France et à l’Italie, pays devenus les principaux foyers de l’épidémie en Europe.

« Certains pays touchés par le coronavirus ont fermé des églises pour empêcher la liturgie. Je ne crois pas que cela soit une bonne réponse. La liturgie ne peut jamais nuire à personne », a affirmé vendredi le métropolite Hilarion, chargé de la diplomatie du Patriarcat de Moscou.

« Mais il ne faut pourtant pas négliger les conseils et les avertissements des médecins », a-t-il ajouté, assurant que les églises et monastères russes « seront attentifs à l’utilisation de moyens de désinfection ».

La Russie compte 63 cas de coronavirus et aucun décès des suites de la maladie, selon les dernières données officielles publiées dimanche.

Pour empêcher la propagation de la Covid-19, le pays a pris plusieurs mesures draconiennes, interdisant notamment l’accès à son territoire aux Chinois et fermant ses frontières communes.

L’entrée sur le territoire russe a également été interdite aux Iraniens, et de sévères restrictions ont été prises contre les Sud-Coréens.

Les autorités russes ont aussi annoncé réduire le nombre de liaisons aériennes avec l’Union européenne pour juguler la propagation de la maladie.

Ceci est une version corrigée. Dans une version précédente, le titre indiquait par erreur que les croyants étaient des catholiques plutôt que des orthodoxes.