Des extrémistes arrêtés en Allemagne voulaient imiter l’attentat de Christchurch

En mars 2019, après l'attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande, la sécurité avait été renforcée autour des mosquées d'Allemagne.
Photo: John Macdougall Archives Agence France-Presse En mars 2019, après l'attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande, la sécurité avait été renforcée autour des mosquées d'Allemagne.

Les membres du groupuscule d’extrême droite arrêtés vendredi en Allemagne dans le cadre d’une vaste enquête antiterroriste prévoyaient des attaques de grande ampleur contre des mosquées sur le modèle de Christchurch, ont révélé dimanche soir des médias allemands.

Selon le magazine Der Spiegel et le quotidien Bild, le groupe, dont douze membres ont été mis en détention samedi après des perquisitions dans toute l’Allemagne vendredi, voulait frapper des lieux de culte musulmans pendant la prière.

Ils comptaient imiter l’attentat de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui a causé la mort de 51 personnes dans deux mosquées l’an dernier. Ils entendaient utiliser des armes semi-automatiques notamment.

Le chef présumé du groupe, connu et surveillé depuis plusieurs mois par les autorités, avait détaillé ses plans lors d’une réunion organisée avec ses complices la semaine dernière. Les enquêteurs en ont eu connaissance grâce à un informateur infiltré dans le groupe, affirment les deux journaux.

Les enquêteurs ont retrouvé, lors des perquisitions menées dans 13 lieux répartis sur 5 États régionaux, des « couteaux », des « arbalètes », des « grenades », mais aussi un « fusil de chasse » et un « pistolet ».

Interpellés vendredi, les douze extrémistes de droite ont été mis en détention samedi.

Quatre d’entre eux sont soupçonnés d’avoir formé « une association d’extrême droite à caractère terroriste » tandis que les huit autres sont soupçonnés de leur avoir fourni un soutien « financier » ou « une aide pour se procurer des armes », selon le parquet.

Parmi les suspects, tous de nationalité allemande, figure un policier de Rhénanie-du-Nord–Westphalie qui a été suspendu.

Selon Bild, son but était de « lancer une guerre civile » dans le pays.

Montée de l’extrémisme

Les autorités allemandes s’inquiètent d’un terrorisme d’extrême droite, notamment depuis le meurtre d’un élu allemand pro-migrants, membre du parti de la chancelière Angela Merkel, en juin dernier.

En octobre, un extrémiste de droite négationniste avait tenté de commettre un attentat dans une synagogue de Halle, un massacre évité de justesse. Faute de pouvoir pénétrer dans l’édifice religieux dans lequel les fidèles s’étaient barricadés, il avait abattu une passante et le client d’un restaurant de sandwichs kebabs, diffusant ses forfaits en direct sur Internet. Son procès est attendu prochainement.

À Dresde, dans l’ex-RDA, huit néonazis sont également jugés depuis près de cinq mois pour avoir planifié des attentats contre des étrangers et des responsables politiques.