Le président de la Catalogne perd son mandat de député

Le président de la Catalogne, Quim Torra (au centre), quittant la session parlementaire après le vote lui retirant son mandat de député
Photo: Lluis Gene Agence France-Presse Le président de la Catalogne, Quim Torra (au centre), quittant la session parlementaire après le vote lui retirant son mandat de député

Le président indépendantiste catalan, Quim Torra, condamné pour désobéissance, a perdu lundi son mandat de député régional après avoir été lâché par l’autre grande composante du mouvement séparatiste.

Cette nouvelle confrontation entre les deux partis qui gouvernent ensemble la région alimente les rumeurs d’élections anticipées en Catalogne.

M. Torra, dauphin de l’ancien président catalan Carles Puigdemont, et leur parti Ensemble pour la Catalogne (JxC), réclamaient à l’autre grand parti séparatiste ERC (Gauche Républicaine de Catalogne) de les suivre dans leur volonté de désobéir à la justice, qui lui a retiré temporairement son mandat.

Mais ERC qui, contrairement à JxC, a appuyé début janvier la reconduction au pouvoir à Madrid du premier ministre socialiste Pedro Sanchez, a refusé.

« Nous ne pourrons pas prendre en compte votre vote afin de garantir la validité de toutes les décisions adoptées lors de cette session plénière », a dit à M. Torra le président du parlement catalan, Roger Torrent d’ERC. Si Quim Torra avait voté, sa voix aurait en effet entaché de nullité les résolutions de la chambre régionale.

M. Torra s’est vu retirer son mandat suite à sa condamnation en décembre à 18 mois d’inéligibilité pour avoir refusé d’obéir l’an dernier à la commission électorale. Elle exigeait qu’il retire des symboles indépendantistes de la façade du gouvernement régional pendant une campagne électorale, l’institution qu’il préside devant rester impartiale.

M. Torra avait fait appel de sa condamnation mais la commission électorale a ordonné sans attendre début janvier le retrait de son mandat de député. La décision a été avalisée la semaine dernière par la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays.

La question est désormais de savoir si la perte du mandat de député de M. Torra doit entraîner son retrait de la présidence régionale. Selon le statut de la Catalogne, le président doit être choisi parmi les députés régionaux mais un flou juridique demeure sur le cas où le président perd son mandat de député.

Les partis de droite exigent que M. Torra abandonne son poste de président régional et de M. Sanchez qu’il annule une rencontre prévue début février avec lui puisque, selon eux, il n’est plus en fonctions.

M. Sanchez a été reconduit au pouvoir grâce à l’abstention d’ERC lors d’un vote de confiance à la chambre des députés. En échange de cette abstention, il a promis la mise en place d’une négociation destinée à trouver une solution au « conflit politique » en Catalogne. Cette rencontre avec Quim Torra fait partie du processus de détente qu’il a initié.