Un record absolu de chaleur battu en France

Des habitants de Strasbourg se rafraîchissaient vendredi.
Photo: Patrick Hertzog Agence France-Presse Des habitants de Strasbourg se rafraîchissaient vendredi.

Pour la première fois depuis le début des relevés météo au XIXe siècle, Météo-France a enregistré un record absolu de 45,9 °C dans le département du Gard, dans le sud du pays, l’un des quatre placés en « vigilance canicule rouge », l’alerte maximale.

Ce record, qui enterre les 44,1 °C d’août 2003 atteints dans le même département, a été enregistré en milieu d’après-midi vendredi, précise l’institut météorologique, qui compare cette chaleur à celle « que l’on atteint lors d’une journée d’août normale dans la vallée de la Mort », en Californie.

Quelque 25 départs d’incendies de végétation étaient signalés en raison de cette chaleur extrême, et au moins 50 hectares et près d’une dizaine de maisons ont brûlé.

Cette canicule est d’ores et déjà exceptionnelle par son ampleur et sa précocité. Même si celle de 2003 reste particulièrement traumatisante pour le pays en raison des 15 000 décès qu’elle avait provoqués.

C’est toutefois dans l’ouest du pays qu’est décédée la première victime française de cette vague de chaleur qui frappe la plupart des pays européens, exceptionnelle par son ampleur au mois de juin : un couvreur de 33 ans a fait un malaise fatal alors qu’il travaillait sur un toit par 35 degrés à l’ombre, près de Rennes.

 
45,9
C’est la température, en degrés Celsius, indiquée au thermomètre vendredi dans le Gard.

Deux personnes ont également trouvé la mort en Espagne, où les températures dépassent souvent les 40 degrés : un jeune de 17 ans qui moissonnait en Andalousie (sud) a succombé à un coup de chaleur et un homme de 93 ans s’est écroulé jeudi soir dans le centre-ville de Valladolid (nord), également victime d’un coup de chaleur.

Les médias italiens ont signalé une cinquième victime avec le décès, vendredi, d’un ouvrier de 60 ans qui avait fait la veille un malaise alors qu’il travaillait sur un échafaudage à Rimini, sur la côte Adriatique.

Le premier mort dû à cette canicule, un sans-abri de 72 ans, avait été enregistré jeudi à Milan.

En quête de fraîcheur

Par ailleurs, en banlieue de Paris, un petit Syrien de 6 ans a été grièvement blessé jeudi soir après avoir été projeté en l’air par le geyser d’une bouche à incendie.

Le phénomène du « street pooling » — qui permet de se rafraîchir dans les rues — est fréquent en période de canicule : depuis lundi, de nombreuses bouches à incendie ont été ouvertes en région parisienne, selon les pompiers.

Autre conséquence de cette flambée du thermomètre, 34 des 50 provinces d’Espagne sont en état d’alerte incendie. L’Espagne connaît des températures qui dépassent les 40 degrés, et cette canicule devrait durer jusqu’à samedi dans la majorité du pays. Seules les régions du nord-ouest, les Asturies et la Galice, sont épargnées, de même que le Portugal voisin.

En Catalogne, les pompiers combattent un incendie qui a déjà parcouru 6500 hectares. Le travail des pompiers, a expliqué leur chef, David Borrell, est compliqué par des pics à 44 degrés « et des niveaux d’humidité très bas ».

« Nous sommes parvenus à atteindre les objectifs que nous nous étions fixés pour cet après-midi : que le périmètre de l’incendie n’augmente plus », s’est félicité M. Borrell devant la presse, selon un reportage de la télévision publique.

L’incendie a laissé des paysages de désolation — collines noircies et arbres calcinés à perte de vue —, notamment près du village de Flix (3500 habitants) dans la province de Tarragone.

Les records pour un mois de juin tombent régulièrement depuis le début de cette vague de chaleur qui affecte une grande partie de l’Europe : jusqu’à 40 °C dans le Piémont, en Italie, et déjà 38,9 °C enregistrés jeudi en République tchèque ou 38,6 °C en Allemagne : ce mois de juin s’avère supérieur de 4,4 °C à la moyenne des températures pour la période de référence 1981-2010…