Journaliste tuée en Irlande du Nord: la Nouvelle IRA reconnaît sa responsabilité

Le décès de Lyra McKee a ravivé le souvenir des «Troubles» qui ont déchiré la province britannique d’Irlande du Nord pendant trois décennies.
Photo: Paul Faith Agence France-Presse Le décès de Lyra McKee a ravivé le souvenir des «Troubles» qui ont déchiré la province britannique d’Irlande du Nord pendant trois décennies.

Le groupe républicain dissident Nouvelle IRA a reconnu mardi sa responsabilité dans la mort par balle à Londonderry de la journaliste Lyra McKee, dans le cadre de laquelle une femme de 57 ans a été arrêtée par la police nord-irlandaise. Dans une déclaration au quotidien The Irish News, la Nouvelle IRA présente « ses sincères et entières excuses à la partenaire, à la famille et aux amis de Lyra McKee pour sa mort ».

Cette jeune femme de 29 ans a été « tragiquement » tuée jeudi soir alors qu’elle se « tenait à côté des forces ennemies », a justifié le groupe, évoquant des forces de l’ordre « lourdement armées » qui auraient « provoqué les émeutes » précédant la mort de la journaliste. La police nord-irlandaise a affirmé que Lyra McKee avait été tuée par un homme ayant ouvert le feu contre des policiers qui affrontaient des émeutes dans le quartier catholique de Creggan. Elle a annoncé mardi l’arrestation d’une femme de 57 ans dans l’enquête sur la mort de la journaliste.

Les funérailles de la jeune femme doivent avoir lieu mercredi à la cathédrale Sainte-Anne de Belfast. « Cela va être une célébration de sa vie », a écrit dans une publication Facebook la compagne de Lyra McKee, Sara Canning, appelant les personnes qui souhaitent y assister à se vêtir de t-shirts imprimés de personnages de Marvel ou de la saga littéraire Harry Potter. « Je sais qu’elle aurait adoré ça », a-t-elle affirmé.

« Acte terroritste »

« Nous continuerons à lutter pour la paix » dans la province, a déclaré mardi devant la Chambre des communes la ministre britannique responsable de l’Irlande du Nord, Karen Bradley. « Nous disons aux responsables de cet acte terroriste que nous avons entendu vos excuses hypocrites. Personne n’y croit. Ce n’était pas un accident. »

Le décès de Lyra McKee a ravivé le souvenir des « Troubles » qui ont déchiré la province britannique d’Irlande du Nord pendant trois décennies. Ces violences opposant républicains nationalistes (surtout catholiques), partisans de la réunification de l’Irlande, et loyalistes unionistes (surtout protestants), défenseurs du maintien dans la Couronne britannique, avaient fait quelque 3500 morts avant de prendre fin grâce à l’accord du Vendredi saint de 1998. Cet accord avait imposé un retrait des forces britanniques et le désarmement de l’Armée républicaine irlandaise (IRA).

Mais des républicains dissidents, luttant pour la réunification de l’Irlande du Nord et de la République d’Irlande y compris par la violence, restent actifs, comme la Nouvelle IRA, créée entre 2011 et 2012.