Athènes s’enflamme contre l’accord sur la Macédoine

De nombreux habitants, en particulier ceux de la province du nord de la Grèce portant le même nom que le pays frontalier, estiment que l’appellation «Macédoine» n’appartient qu’au patrimoine historique grec.
Photo: Louisa Gouliamaki Agence France-Presse De nombreux habitants, en particulier ceux de la province du nord de la Grèce portant le même nom que le pays frontalier, estiment que l’appellation «Macédoine» n’appartient qu’au patrimoine historique grec.

Des incidents ont éclaté dimanche à Athènes faisant plus d’une vingtaine de blessés, surtout des policiers, lors d’une manifestation qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes contre l’accord sur le nouveau nom de la Macédoine, que le Parlement grec doit ratifier sous peu.

Vingt-cinq policiers ont été blessés, a indiqué un communiqué du ministère grec de la Protection du citoyen tandis qu’au moins deux manifestants ont été hospitalisés pour des troubles respiratoires, selon le centre de premiers soins.

Des échauffourées ont eu lieu entre policiers et des jeunes cagoulés, qui ont réussi à s’infiltrer dans la manifestation et jeté des projectiles contre les forces de l’ordre en tentant de forcer la clôture du Parlement. Les forces anti-émeutes ont riposté en lançant des gaz lacrymogènes.

La police a dénombré 60 000 personnes au début de la manifestation, à midi (5 h au Québec), les organisateurs en comptant plus de 100 000.

À l’appel surtout du « comité de lutte pour la grécité de la Macédoine », 326 autobus selon la police, en provenance de tout le pays, et plus spécialement du nord de la Grèce, ont déversé des milliers de manifestants à Athènes.

Photo: Aris Messinis Agence France-Presse

Le centre de la capitale a été fermé à la circulation pendant presque toute la journée ainsi que les stations de métro proches de la place Syntagma, devant le Parlement grec qui doit voter en fin de semaine prochaine sur l’accord controversé.

Officiellement, les partis d’opposition au gouvernement d’Alexis Tsipras (la droite et les socialistes), qui sont contre l’accord, ne participaient pas à cette manifestation, mais ont indiqué que chacun pouvait y venir à titre personnel.

L’accord sur le nouveau nom de la Macédoine, signé entre Athènes et Skopje en juin, vise à mettre fin à un litige de près de trente ans entre les deux pays voisins en rebaptisant ce petit pays balkanique « République de Macédoine du Nord ». Ratifié il y a dix jours par le Parlement macédonien, cet accord sera débattu cette semaine au Parlement grec avant un vote crucial d’ici à la fin de la semaine.

De nombreux habitants, en particulier ceux de la province du nord de la Grèce portant le même nom que le pays frontalier, estiment que l’appellation « Macédoine » n’appartient qu’au patrimoine historique grec. Selon un sondage publié dimanche dans l’hebdomadaire Proto Thema, 69,5 % se sont exprimés contre l’accord et 67 % souhaitent que les élections prévues en octobre soient anticipées.

Pour Alexis Tsipras, l’accord sur le nouveau nom de la Macédoine est « un pas historique » pour les deux pays frontaliers. Après avoir remporté de justesse mercredi un vote de confiance au Parlement, le premier ministre s’est montré confiant dans le fait de voir ratifier l’accord par une majorité d’au moins 151 députés sur les 300 d’ici à la fin de la semaine.