Au moins 135 blessés et près de 2000 arrestations après une journée de mobilisations

Quelque 548 personnes ont été interpellées dans la matinée à Paris. Parmi elles, au moins 272 ont été placées en garde à vue.
Photo: Lucas Barioulet Agence France-Presse Quelque 548 personnes ont été interpellées dans la matinée à Paris. Parmi elles, au moins 272 ont été placées en garde à vue.

La police antiémeute a utilisé samedi du gaz lacrymogène et des canons à eau à Paris pour empêcher des milliers de manifestants arborant un gilet de sécurité jaune de se rendre jusqu’au palais présidentiel afin d’exprimer leur colère contre les taxes trop élevées et le président Emmanuel Macron.
 

Les forces de l’ordre ont bouclé certaines parties du centre-ville de la capitale française, déterminées à prévenir les débordements une semaine après qu’une émeute eut causé des dommages à un important monument et fait 130 blessés.
 

Partant de l’Arc de Triomphe et se dirigeant vers l’est, des véhicules blindés bleus ont envahi les rues pavées alors que les manifestations se multipliaient à travers la Ville Lumière. Des agents à cheval ont encerclé les manifestants avec l’aide de chiens policiers. Une clôture en acier a été érigée autour du palais de l’Élysée et des barrières ont été installées dans les rues avoisinantes.
 

Les journalistes de l’Associated Press (AP) ont vu plusieurs manifestants subir des blessures dans des affrontements avec les policiers.
 

Des protestataires ont aussi bloqué des rues, des ronds-points et des postes de péage ailleurs en France samedi, notamment à Marseille et à Toulouse, où agents et contestataires en sont également venus aux mains.
 

Le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner, a révélé que 135 personnes avaient été blessées, dont 17 policiers, et près de 2000 personnes avaient été placées en détention pour l’ensemble du pays.
 

M. Castaner a estimé que 136 000 gilets jaunes avaient manifesté en France samedi, dont 10 000 à Paris.
 

Certains commerces des Champs-Élysées avaient placardé leurs fenêtres avec des planches de contreplaqué, donnant l’impression que le quartier s’apprêtait à être frappé par un ouragan. Des manifestants en colère ont tenté d’arracher les planches.
 

Les protestataires ont lancé des projectiles et allumé des feux, mais ont été repoussés à plusieurs reprises par le gaz lacrymogène et les canons à eau.
 

De nombreux monuments, dont la tour Eiffel et le Louvre, des zones commerciales et des stations de métro sont demeurés fermés samedi dans le centre de la capitale française.
 

Le mouvement des gilets jaunes, qui doit son nom aux gilets jaunes fluorescents que les automobilistes français doivent conserver dans leur véhicule, a été lancé en novembre pour contester la hausse des taxes sur le diesel et l’essence, mais s’est rapidement élargi pour englober la frustration de certains citoyens par rapport au coût de la vie trop élevé en France et à d’autres problèmes.
 

Mercredi, le président Macron avait accepté de renoncer à augmenter les taxes sur les carburants, décision qui visait à débarrasser la France de sa dépendance aux sources d’énergie fossiles et à respecter l’Accord de Paris sur le climat, mais cela n’a pas suffi à calmer la colère des manifestants.
 

La Belgique et les Pays-Bas ont aussi été le théâtre de manifestations de gilets jaunes samedi.