La leader britannique joue son va-tout lors d’une ultime tournée

Theresa May doit tenir un conseil de guerre avec ses ministres pour fignoler la stratégie du gouvernement et mettre la pression sur ceux qui n’ont toujours pas appuyé publiquement l’entente.
Photo: John Thys Agence France-Presse Theresa May doit tenir un conseil de guerre avec ses ministres pour fignoler la stratégie du gouvernement et mettre la pression sur ceux qui n’ont toujours pas appuyé publiquement l’entente.

Theresa May se lance dans une campagne intensive dans l’espoir de renverser la vapeur au Parlement britannique et de convaincre une majorité de députés d’appuyer sa feuille de route vers le Brexit.

Les dirigeants des 27 autres pays de l’Union européenne (UE) n’avaient pas encore apposé leurs signatures au bas de l’accord avec le Royaume-Uni sur le Brexit, dimanche, que la première ministre britannique promettait déjà à ses concitoyens de se battre jusqu’au bout pour convaincre leurs représentants au Parlement de passer outre leur hostilité et d’appuyer le projet sur la table. « Je ferai campagne corps et âme pour remporter ce vote et mener à terme cette entente sur le Brexit, pour le bien de notre Royaume-Uni et de l’ensemble de notre population », a écrit Theresa May dans une lettre ouverte publiée dimanche dans la presse britannique, deux petites semaines avant le vote fatidique à la Chambre des communes, attendu durant la semaine du 10 décembre.

Analyse attendue

Lundi, Mme May doit tenir un conseil de guerre avec ses ministres pour fignoler la stratégie du gouvernement et mettre la pression sur ceux qui n’ont toujours pas appuyé publiquement l’entente, a rapporté dimanche le Financial Times. Plus tard durant la semaine, elle plaidera sa cause pour une troisième fois en 10 jours devant le Parlement. Elle entreprendra ensuite une campagne aux quatre coins du pays. Au même moment, le gouvernement publiera une analyse des impacts économiques d’un Brexit avec ou sans entente négociée avec l’UE, que les opposants de l’accord surnomment déjà le « Projet terreur II » en référence aux études qui mettaient en garde contre le Brexit au moment du référendum, en 2016.

Je ferai campagne corps et âme pour remporter ce vote et mener à terme cette entente sur le Brexit, pour le bien de notre Royaume-Uni et de l’ensemble de notre population

Élus et experts se perdent en conjectures sur ce qui adviendrait en cas de vote négatif. Reprise du vote plus tard, demande de renégociation avec les Européens, remplacement de Theresa May à la tête du gouvernement, chute du gouvernement conservateur, élection générale, nouveau référendum sur le Brexit… Toutes les hypothèses sont évoquées. Un Brexit sans accord, où l’on retomberait sous le régime minimal des règles de l’OMC et laisserait non résolus une multitude d’enjeux découlant des liens étroits entre les deux économies, serait le scénario le plus redouté par Londres et Bruxelles, rapportait l’Agence France-Presse dimanche.