La Finlande accuse la Russie de brouiller les signaux GPS dans l’Arctique

Le brouillage des signaux GPS a été enregistré au cours de <em>Trident Juncture 2018</em>, le plus vaste exercice mené par l’OTAN depuis la guerre froide. Sur la photo, le navire de commandement <em>USS Mount Whitney</em>.
Photo: Jonathan Nackstrand Archives Agence France-Presse Le brouillage des signaux GPS a été enregistré au cours de Trident Juncture 2018, le plus vaste exercice mené par l’OTAN depuis la guerre froide. Sur la photo, le navire de commandement USS Mount Whitney.

La Russie pourrait être à l’origine d’un brouillage du système de géolocalisation GPS qui a perturbé des vols commerciaux dans le Grand Nord pendant de récentes manoeuvres de l’OTAN, a indiqué le premier ministre finlandais, ce que dément Moscou.

Le brouillage des signaux GPS a été enregistré au cours de Trident Juncture 18, le plus vaste exercice mené par l’OTAN depuis la guerre froide. Ces manoeuvres organisées en Norvège entre le 25 octobre et le 7 novembre ont irrité Moscou, qui avait promis « une riposte ».

Selon le chef du gouvernement finlandais Juha Sipilä, le brouillage « presque certainement délibéré » des signaux GPS pendant ces exercices « a mis en péril la sécurité de l’aviation civile ».

« Brouiller les signaux radio […] est techniquement relativement aisé, et oui il est possible que la Russie soit impliquée », a-t-il déclaré dimanche à la télévision publique Yle. « Nous savons que la Russie en est capable » techniquement, a-t-il ajouté.

Un bouc émissaire ?

Moscou a récusé lundi des accusations « sans fondement ». « Nous ne sommes pas au courant que la Russie puisse avoir quelque chose à voir avec la défaillance du système GPS », a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

« Mais vous savez qu’il y a aujourd’hui une tendance à accuser la Russie de tous les péchés, mortels ou autres. Par principe, ces accusations sont sans fondement », a-t-il dit à la presse.

Une fois établie l’origine des brouillages, la Finlande « dira ce qu’elle en pense, et de façon ferme », a prévenu le président finlandais Sauli Niinistö en marge des commémorations du 11 novembre à Paris.

Les autorités de l’aviation civile en Finlande et en Norvège ont dû émettre des appels à la prudence à destination des transporteurs, indiquant que les signaux GPS en Laponie étaient instables.

Un pilote de la compagnie régionale norvégienne Widerøe a ainsi affirmé avoir perdu son signal GPS dans les environs de Kirkenes, près de la frontière avec la Russie, début novembre.

Frontière orientale longue

« Cela ne pose aucun problème de sécurité, nous avons de solides routines, et ce n’est pas la première fois que nous connaissons une perte de signal », a expliqué un porte-parole de la compagnie au Barents Observer.

En septembre 2017, la Norvège avait déjà fait état de tels incidents dans le nord au cours des manoeuvres militaires russes Zapad.

Contrairement à la Norvège, la Finlande n’est pas membre de l’OTAN mais a participé aux manoeuvres Trident Juncture 18 sous le statut de « partenaire de coopération renforcée ».

Sa frontière orientale est la plus longue de l’Union européenne avec la Russie (1300 kilomètres).